La méthode de systema de Konstantin Komarov

Début septembre, j’ai eu l’honneur de recevoir à l’association pour le développement et la diffusion des arts martiaux (ADDAM) le major Konstantin Komarov, ancien membre du GRU mais aussi docteur en psychologie pour un stage de systema à Toulouse.  Nous avions décidé avec nos partenaires du cercle de systema de faire venir Konstantin pour nous suivre sur une longue période afin de nous transmettre sa propre méthode d’enseignement du systema.

Un petit peu par hasard, cela coïncidait avec la parution en anglais de son livre « Systema Manual ». Je vais donc m’atteler aujourd’hui à faire un compte rendu de ce stage que je mettrai en parallèle avec son livre qui sera reviewé plus tard.

La thématique du stage était donc méthodologie du systema. Il s’est découpé en deux parties, la première sur la première journée consistait en la présentation des premiers pas de sa méthode, la seconde sur la deuxième journée, nous a donné les exercices nécessaires et suffisants selon lui pour gérer le gros des combats à mains nues (type combat de coqs notamment).

Mais avant le stage à proprement parler,  il nous a fait un petit cours privé avant le stage de 2h où il nous a repris sur tous les exercices de base à savoir pompes, squats, relevés de bustes et de jambes. Il nous a donné de très nombreuses corrections sur l’exécution de ces exercices pourtant simples de prime abord. En particulier, ses corrections m’ont permis une mise en évidence lumineuse sur la mise en place de chaines musculaires profondes lors de l’exécution de ces mouvements. S’en est suivi ensuite une séance de lutte souple façon systema où Konstantin nous a expliqué ce qu’il faut rechercher sur ces exercices. En effet, contrairement au côté jeu d’opposition associé à la lutte en règle générale, dans notre cas, il s’agit de focaliser l’attention sur notre propre corps pour contourner chaque tension musculaire qu’engendre le partenaire. Ainsi, tomber n’est pas ici synonyme de défaite, mais la descente au sol est simplement une direction de plus où aller pour contourner la pression du partenaire.

Par rapport au contenu de son livre, ces simples exercices couvrent la partie conditionnement du corps au mouvement et la respiration. La lutte debout étant finalement un test pour voir l’évolution de la manière de bouger mais aussi de maintenir une respiration  constante après le conditionnement nécessaire sur lequel je reviendrai.

J’attaque donc le compte rendu du premier jour. La logique de progression de Konstantin au niveau du conditionnement physique est la suivante. On doit repasser TOUTES les étapes d’apprentissage de la marche. En effet, dès le fait de ramper au sol on conditionne un certain nombre d’erreurs ou du moins de mouvements non optimisés. Puis plus on se redresse, plus ces défauts s’accumulent et affectent la structure dans son ensemble, créant au passage des tensions musculaires inutiles. De plus, avec le temps, une peur du sol et donc de la chute se développe et bien sûr, toute peur génère aussi des tensions. En paralèlle , et certainement à cause des conséquences d’une mauvaise posture, la respiration doit également être retravaillée pour être juste, contrôlée et surtout permanente. C’est donc selon ces axes que Konstantin nous a fait travailler. Nous avons donc travaillé la mobilité au sol couplée à l’inspiration et l’expiration. Puis nous avons travaillé avec un partenaire pour chercher à le renverser au sol en utilisant le placement et le déplacement. Enfin nous sommes passés debout pour un travail sur les chutes les yeux fermés. Là aussi, il était important de garder une respiration continue. Nous avons terminé sur de la lutte au sol en utilisant un baton pour deux…

 

Le second jour, Konstantin nous as fait faire un petit écart à sa méthodologie. En effet, il s’est penché sur l’aspect combat pur du systema. La raison invoquée était la suivante: sur l’ensemble des séminaires, nous allons travailler au reconditionnement du corps pour acquérir les bases du systema. Or, une des raisons premières pour laquelle les gens viennent aux arts martiaux est le combat (au sens large). Konstantin nous a donc fait travailler un set d’exercices qui selon lui englobe le gros de ce qui se passe durant un combat et développe les aptitudes pour y faire face. Néanmoins, on s’aperçoit vite que tout ces exercices sont bien plus pertinents lorsqu’on a le corps conditionné correctement.

Le travail a commencé par un exercice pour évaluer les distances correctement. Une fois que la distance était prise, le deuxième exercice permettait de travailler la génération de force via la structure en utilisant les poussées sur quelqu’un arrivant vers soi pour nous saisir. Puis, avant la saisie, bloquer le bras d’une main pour pousser simultanément avec l’autre. Pour accélérer le rythme et augmenter la pression, plusieurs attaquants arrivaient ensuite en courant en ligne et en frappant. La réponse était la même, bouger, et pousser. Ensuite, les différents types de frappes possible avec les bras ont été travaillées puis le travail de frappes avec les jambes. La session s’est terminée en enchainement un coup d’arret avec la jambe en avançant suivie d’un enchainement de frappes.

Travail de frappe par Konstantin lors du stage

Bref ce séminaire, excellent au demeurant, reprenait le tout début de son livre. Il nous donnera ensuite le reste de l’apprentissage lors des prochains stages durant ces trois ans.

 

6 réflexions au sujet de « La méthode de systema de Konstantin Komarov »

  1. Bonsoir, existe-t-il une traduction de son manuel ? et/ou une distribution en France ? (amazon.fr n’en a pas et je crains les frais de port depuis l’outre-atlantique)
    Merci pour l’article instructif.

  2. Bonjour,

    non pas de traduction en français pour l’instant. Il y a possibilité de le recevoir depuis la France via au moins un distributeur mais en anglais.

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