Des origines à la pratique PARKOUR: la revue

Bonjour à tous,

Pour une fois, on s’éloigne un peu, mais pas trop quand même, des arts martiaux pour se tourner vers une discipline de plus en plus pratiquée, le Parkour ( avec un K pour le marKeting). Le ParKour est défini comme l’art du déplacement, ou encore l’art de partir d’un point A pour arriver à un point B de la manière la plus rapide possible.

David Belle, le fondateur du ParKour et Charles Perrière, un membres des Yamakasis, ont co-publié un joli livre sur cette discipline chez Amphora:

Des origines à la pratique PARKOUR

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Tout d’abord, c’est un très joli livre. Très bien illustré, dans un format original (tout en long), bien que peu pratique pour ranger dans une bibliothèque. Les photos sont sympas, suffisamment explicites pour comprendre ce qu’il se passe. Curieusement, les auteurs ont décidé de faire une version à la fois en français et en anglais. En effet, tout le texte est traduit dans les deux langues.

 

Mais passons au contenu.

 

Ce livre peut se diviser en quatre parties:

– une partie historique/ auto-biographique racontant l’histoire du parkour et celle de ses créateurs, du père de David Belle, un pompier de Paris ayant donné la passion de l’art du déplacement à son fils David Belle aux Yamakasis, entrainés au départ par David Belle et qui ont connu la notoriété après leur passage remarqué dans l’émission stade 2 en 1997.

Le reportage en question:

 

– la seconde partie, relativement courte, décrit le parkour et l’esprit qui le sous-tend

-la troisième partie présentent tous les mouvements de base du parkour

– la quatrième partie présentant le renforcement musculaire spécifique nécessaire à la pratique de cette discipline et un programme d’entrainement type.

 

Les deux premières parties sont intéressantes mais un peu courtes à mon goût, notamment sur l’essor mondial de la discipline. Néanmoins, cela reste agréable à lire.

Evidemment la partie la plus intéressante est la partie « technique », les mouvements de base sont listés (saut, réception, roulade, mains croisées, les différents passage d’obstacles) bien décrits.  Le seul petit point que j’aurais trouvé intéressant aurait été la mise en place de petits éducatifs qui permettent d’arriver au mouvement final. En effet, il semble que la seule progressivité soit la hauteur ou la longueur des sauts.

La partie physique est plus anecdotique puisqu’à part quelques exercices très spécifiques, on reste dan les classiques des exercices de préparation en gymnastique ou athlétisme.

 

Les plans de cours par contre sont très intenses avec une pratique de 2h à 3h 2 à 3 fois par semaine dont 30 minutes de footing et jusqu’à 1h de renforcement musculaire. Très clairement, il faut un corps très très bien préparé pour pratiquer pleinement cette discipline. Ou à l’inverse, cette discipline développe un corps très très fort…

 

Ce livre est donc sympathique, mais peut être un peu court. C’est toutefois une excellente introduction à l’art du ParKour et donne envie de découvrir la pratique avec un instructeur.

 

 

 

Revue de Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

Aujourd’hui, je vais donner mon retour sur un manuel pédagogique:

Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

téléchargement

par Eric Henrion

J’ai commandé ce livre un peu par curiosité et parce que la littérature francophone sur la protection personnelle est rare. Je ne connais absolument par Eric Henrion, n’étant pas réellement impliqué dans le milieu de la protection personnelle en France, je ne savais donc absolument pas à quoi m’attendre en lisant ce livre.

Dans ce livre, l’auteur nous propose une méthodologie avec plan de cours intégrée pour enseigner la protection personnelle. Pour être plus précis, ce livre n’est « qu’un plan de cours » pour travailler la protection personnelle. En effet, au travers de 8 thèmes de protection personnelle concernant le pré, pendant et post-agression, l’auteur donne 8 plan de cours pour travailler chacune des huit thématiques.

Chaque plan de cours (comme un plan de cours bien fait quoi) contient des phases d’exercices ainsi que les débriefings avec les participants associés qui sont très bien détaillées et des objectifs recherchés clairement définis. De plus, quelques informations en annexe sont disponibles pour mieux expliquer les concepts travaillés dans chaque cours.

Clairement, la pédagogie ici est très « Do it yourself » orientée. Les participants ne sont pas assommés pendant le cours d’information et sont appelés à trouver eux mêmes des solutions face aux problèmes. Cette approche est séduisante et est connue en pédagogie pour donner d’excellents résultats. C’est donc un ouvrage précieux pour des groupes de travail ou des instructeurs d’arts martiaux ou sports de combats qui souhaiteraient donner une initiation à la protection personnelle.

Néanmoins, puisque c’est clairement un ouvrage pour pédagogue plutôt qu’un ouvrage informatif, mon opinion est que l’utilisation de ce livre sera potentialisée par les connaissances antérieures de l’instructeur. A l’inverse, ce livre montre également à quel point instruire un art martial et un sport de combat est loin d’instruire la protection personnelle…

Et justement, c’est cette pédagogie de la protection personnelle (en tous cas telle que présentée dans ce livre) qu’il est intéressant de discuter. Deux points me paraissent problématique dans ce type de pédagogie, bien que je ne vois pas de solutions simples à mettre en oeuvre. Tout d’abord, le groupe. Pour que ce type d’exercices soit profitable, il est nécessaire d’avoir une certaine capacité à jouer la comédie. Typiquement, un exercice où l’on se fait insulter, la personne qui insulte doit être suffisamment convaincant. Or, à moins d’avoir des acteurs, il est probable que les gens ne deviennent convaincant qu’avec le temps. D’où le premier problème, les gens risquent d’être habitués à cette situation théatrale et à leurs partenaires quand ils auront enfin quelqu’un de convaincant en face d’eux. Du coup, est-ce que le drill est toujours utile? Deuxième problème, même si le drill est bien pratiqué, combien de fois peut-il être utilisé pour que ça reste un drill utile et plus une pièce de théâtre? En effet, l’émotionnel et la gestion de l’émotionnel semblent primordiaux dans ce type d’entrainement. Moins la charge émotionnelle est là, moins la réponse sous stress sera intéressante. Du coup, comment inculquer cette réponse sous stress?

Des questions qu’il serait intéressant de traiter, et des avis de selfeux seraient très certainement intéressant. Néanmoins, ce livre, encore une fois, offre une très belle pédagogie, bien construite et mérite donc d’être lu par les instructeurs ou les pratiquants s’intéressant à la self-défense. D’autant que c’est le seul manuel détaillé en français.

Il reste donc selon moi à sortir un ouvrage entre Protegor et le livre de l’ACDS et ce livre d’Eric Henrion, qui proposerait à la fois une méthode d’enseignement et un contenu théorique suffisament riche et adapté à la méthode pour pouvoir guider les néophytes.

Avez-vous lu ce livre? Que pensez vous de la pédagogie mise en application dans des cours de protection personnelle?

Suis-je trop vieux pour commencer les arts martiaux?

Suis-je trop vieux pour commencer les arts martiaux.

Voilà LA question qui revient trèèèès souvent quand on m’appelle pour venir essayer un cours, ou ,d’après une étude très poussée réalisée par moi-même auprès de mes collègues instructeurs, dans un paquet de clubs ou sur les forums d’arts martiaux …

(la question qui arrive juste derrière c’est « suis-je assez sportif » )

Dans ce billet, je vais essayer de donner des éléments de réponses à cette question.

L’origine du doute

D’après ce que j’ai pu comprendre des discussions, les craintes à l’origine de cette question sont les suivantes:

– crainte de ne pas atteindre un niveau suffisant sur le temps de pratique restant

– crainte d’un différentiel de niveau trop important

– crainte d’un entrainement trop physique

– crainte des blessures

D’après moi, la source du problème se trouve dans l’imaginaire collectif entourant les arts martiaux et sport de combat. En effet, les arts martiaux sont présentés au public via les medias suivant: les films ou démonstrations et leur chorégraphies de l’espace, le sport télévisé et les athlètes de haut niveau (boxe et MMA plus récemment) et le judo qui est ou a été pratiqué par plus d’un tiers de la population pendant l’enfance(pas sûr des stats mais c’est un chiffre impressionnant) laissant penser que dans les arts martiaux on commence naturellement à 4 ans.

Pourquoi ces craintes ne sont pas fondées:

Le risque de blessure lié à l’âge ou la pratique trop physique

Tout d’abord, il faut bien comprendre que n’importe quel art martial qui tient la route présente un cursus. ce cursus, bien que laissé à l’appréciation du professeur est globalement toujours le même:

on reconditionne le corps du pratiquant pour qu’il s’adapte à la pratique, on donne les clés techniques et tactiques de l’école, on applique ces techniques au cours de combats d’entrainement ou d’exercices, on se libère de tout ça pour trouver sa propre forme.

Ces étapes peuvent plus ou moins se superposer, peuvent plus ou moins être importantes et longues mais ça se fait TOUJOURS dans cet ordre pour pouvoir progresser (même dans les arts martiaux dit sans forme comme le systema… oui oui, vous aussi vous suivez rigoureusement ces étapes).

Quand vous arrivez dans un cours, vous allez donc systématiquement être travaillé pour que le corps s’adapte à la pratique. Vous apprendrez à chuter, bouger au sol, gérer votre respiration, encaisser des frappes en fonction du cursus de l’école. Bien sûr, votre potentiel physique va également se développer avec le temps. Tout cela permettra sans aucun soucis de travailler la partie technique et tactique de l’école. Soit dit en pensant, d’expérience, 90% des pratiquants resteront dans cette partie là ad vitam eternam et en sont très satisfaits.

Mais même ensuite, quand viendra l’heure du sparring, à partir du moment ou votre médecin vous a fait un certificat médical, vous n’avez pas plus de chance de vous blesser que n’importe qui d’autre puisque votre corps aura été préparé. Personne ne vous enverra à votre premier cours faire un sparring pleine intensité avec un champion de l’ufc, de boxe ou de lutte… Les partenaires ont normalement l’habitude d’avoir des nouveaux et l’instructeur doit s’assurer qu’ils soient bienveillants et qu’ils vous conseillent, pas qu’ils vous cassent en deux. Ou sinon changez de cours…D’ailleurs, j’ai rarement vu une blessure due à l’âge du corps mais plutôt à l’attitude du pratiquant et de ses partenaires… La peur et la betise sont les raisons principales des blessures dans nos pratiques.

Le seul bémol, évidement certaines pratiques sont plus adaptées à certains âges qu’à d’autres. Par exemple un monsieur de 80 ans je ne lui recommanderais pas des disciplines comme le judo, la lutte, la capoeira ou la boxe (mais son médecin non plus à priori). Par contre, le tai chi, certains arts martiaux japonais, pourquoi pas le kali escrima aucun problème! En gros, quand le corps ne peux plus prendre de choc, il faut éviter les arts martiaux orientés sport… Voilà tout… Pour les autres, pas d’excuses!

Je commence trop tard, je n’atteindrai jamais un bon niveau…

Voilà l’autre grosse crainte des gens… Déjà, quelques exemples. Les pionniers des arts martiaux en France, ils ont pas commencé à 4 ans hein… Jigoro Kano, fondateur du judo, a commencé à 17 ans je pense. Henry Plée, sur sa trentaine, Jean-Luc Jazarin, à la quarantaine… A l’inverse, plein de gamins ont commencé le judo à 4 ans et ont arreté à l’adolescence ou à la ceinture noire pour les plus courageux (la ffjda en a la larme à l’oeil). La vérité, c’est que ce qui importe, c’est le temps de pratique, pas l’âge auquel on commence. la ceinture noire semble être un rêve inaccessible pour beaucoup de pratiquants ou pour les non pratiquants. En pratique, sauf cas exceptionnel (karate kyokushin, jiujitsu brésilien), la ceinture noire indique juste un niveau correct dans l’acquisition des bases de l’école. Or la grande grande majorité des pratiquants n’ira jamais plus loin. Pire, si on ramène au nombre d’heures passées à s’entrainer, on se retrouve à un temps de pratique vraiment ridicule. Prenons le judo ou le karate pour un adulte. En étant pas trop manche, en 3/4 ans d’une pratique régulière, je reviens là dessus, on a une ceinture marron. Toujours avec le même rythme, ça fait un an pour faire 2/3 compèts et préparer quelques katas pour avoir une ceinture noire. Regardez la grande majorité des clubs, ils proposent entre 3 et 4h de cours par semaine (2*1h30/2h). En général, les clubs sont fermés pendant les vacances. Les clubs sont donc ouverts 36 semaines par an. Avec une pratique que beaucoup considèrent comme exceptionnelle pour quelqu’un qui ne rate jamais un cours, on obtient 144 heures. Si on multiplie par 5, ça fait 720 heures, soit 90 jours de travail à raison de 8 heures par jour, ce qui fait un résultat famélique de 3 mois pour obtenir une ceinture noire… Donc non, même si vous commencez à l’âge de la retraite, il y a de forte chance qu’avec un investissement en temps correct, vous atteigniez rapidement un niveau supérieur à la ceinture noire…

En conclusion

Les arts martiaux sont une pratique harmonieuse pour tous les âges. Le niveau que vous atteindrez ne dépendra que de deux facteurs, vos instructeurs et la qualité de votre investissement en temps et sérieux.