Review: Aux sources du Karaté Fujian et Okinawa par Lionel Bigot

Bonjour à tous, on va parler de karate dans cet article!

J’ai été contacté par les éditions Atlande pour écrire une revue du livre « Aux sources du Karate Fujian et Okinawa », par Lionel Bigot. J’ai accepté avec plaisir au vue du l’érudition de l’auteur sur le sujet. Je connais assez peu le karate (et encore je n’ai pratiqué qu’un peu de shotokan…). Néanmoins, ce livre a permis de combler un certain nombre de lacunes.  Ainsi, « Aux sources du Karate » intéressera les pratiquants de Karate et tous ceux qui veulent agrandir leur culture martiale.

Le Karate est avec le Judo et l’Aikido l’un des trois Budos japonais qui se sont fait une place majeure en France et dans le monde.  En effet, cette discipline est connue de tous et pour le néophyte, c’est l’art martial « où on utilise les pieds et les poings ». Le karate auxquels ont été exposés les premiers pratiquants et qui est largement dominant aujourd’hui est le karate shotokan. Or, ce karate a été japonisé lors de l’arrivée de son fondateur au Japon, s’éloignant de de son origine est l’île d’Okinawa. Cet éloignement a marqué une nette différence entre le shotokan et les pratiques d’Okinawa.

Dans son livre, Lionel Bigot, probablement un des historiens du karate français le plus érudit retrace dans ce très bon livre les origines du karaté. A partir d’un grand nombre de sources, l’auteur présente l’histoire du karate, explique le pourquoi de la pratique et de son évolution. De plus, étant un karateka aguerri qui a réussi à devenir instructeur à Okinawa même, il présente une vision pratique du sujet avec en particulier le suivi du kata sanchin,  une des bases de la formation du corps, du rythme et de la respiration en karate. Ce livre, très pointu, permettra aux pratiquants de karate de connaître l’histoire de leur art et de la transmission des boxes du sud de la Chine à Okinawa.

 

Comment le karate est-il arrivé à Okinawa?

 

Pour répondre à cette question, l’auteur décrit d’abord dans le premier chapitre du livre la situation d’Okinawa. Grâce à la connaissance de la géographie et de l’histoire de cette île, on comprend mieux les liens qui la lie au Japon, mais surtout à la Chine  et la province du Fujian en particulier où se trouve les sources du Karate et du kata Sanchin en particulier. On comprend aussi pourquoi face à l’occupation japonaise, des techniques de combat à mains nues se sont développées.

Du Fujian est arrivé à la fois des techniques de combat et des écrits, dont un central, le bubushi, le manuel de préparation à la guerre contenant les techniques et préceptes de base du combat. Tous les fondateurs des différents styles de karaté revendiquent la transmission du bubushi du Fujian à Okinawa. Or, il est intéressant de savoir que ce document renvoie à la boxe de la grue blanche, lié directement les temples martiaux, dont les légendaires temples shaolin.

C’est dans cette partie également que sont présentés les maîtres chinois qui auraient transmis cet art aux futurs maîtres d’Okinawa et surtout le contenu de cette transmission. L’auteur a fait un travail fouillé et à partir des différentes sources, proposé l’histoire de chacun des protagonistes avec un grand nombre de dates clés.

La pratique du combat à Okinawa

Dans cette partie, l’auteur décrit le corpus technique des styles de combat d’Okinawa. Il parle ensuite des méthodes traditionnelles utilisées pour s’entrainer et construire le corps. Parmi les différentes écoles, un kata est central dans la pédagogie, Sanchin. Il semble que ce soit ce kata qui permette de retracer sans ambiguité la provenance commune des styles d’Okinawa.

L’auteur liste et présente ensuite les initiateurs de cette pratique à Okinawa. Il est intéressant de noter que nombre d’entre eux sont issus de la noblesse d’Okinawa. Ceci tranche avec la légende du combat des paysans locaux contre les soldats japonais. Ces initiateurs sont d’ailleurs allés pour la plupart étudier en Chine avant de ramener leurs connaissances sur l’île.

La fondation des différents styles, les fondateurs et la transmission par les disciples.

 

Dans cette partie,  l’auteur liste les différentes écoles, leur fondateur, leur historique et leur devenir via leurs élèves. Lionel Bigot prend le temps de décrire les spécificités de chacune concernant la pédagogie et le cursus technique. En particulier, il explique les différentes façons d’exécuter différents katas en fonction de l’école et parmi ces katas, toujours Sanchin. On se rend bien compte des variations importantes et de l’impact que cela peut avoir sur les différents styles. Il  présente ensuite une biographie rapide des élèves qui ont ensuite diffuser le style. La plus grosse partie est consacrée à l’école Gojo-ryu et à son fondateur, Miyagi Chojun. Cette école est en effet aujourd’hui très représentée dans le monde. Sa respiration est très particulière, de même que son exécution de Sanchin, comme on peut le voir dans cette vidéo:

Il est intéressant de comparer à une autre école comme l’Uechi-ryu dont l’auteur parle aussi:

Cette partie est réellement très intéressante et on comprend bien la multitude des styles d’Okinawa.

Conclusion

L’auteur conclut et explique comment profiter d’un voyage à Okinawa. Cette partie intéressera les passionnés de Karate qui voudraient remonter à la source de leur art.

Ma conclusion sur ce livre est qu’il est aussi dense qu’intéressant. C’est typiquement le genre de livre sur les arts martiaux dont le nombre manque en langue française. En effet, loin des classiques livres techniques, on a ici un ouvrage historique de grande qualité.

Pour ceux qui voudraient le lire, le livre est en commande sur le site des éditions Atlande.

 

N’hésitez pas à laisser votre avis sur le livre!

 

A bientôt

 

Taxam

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