Les psoas-iliaques, siège de l’âme ?

Bonjour à tous, aujourd’hui on va parler psoas et stress.

Dans ce billet, je vais parler somatisation et nettoyage de la psychée par le physique. Ce que j’aime dans la pratique du Systema, c’est le travail qui se fait sur la psychée en passant exclusivement par des approches corporelles et respiratoires. Plus j’avance là-dedans, plus je m’intéresse à la santé préventive par le nettoyage des somatisations. Je m’intéresse beaucoup aux lombalgies chroniques depuis un moment en tant qu’étude de cas. J’avais même écrit un article soulignant les bienfaits de la respiration pour s’en débarrasser. Or ce qu’il y a de très intéressant avec les lombalgies chroniques c’est qu’elles sont souvent liées à des problèmes psychologiques. La question est d’ailleurs de savoir, si ces problèmes sont la cause ou la conséquence. Ou les deux en fonction des fois.

Quel est le rapport avec le psoas ? J’y viens.

Psoas et anatomie

 

Le muscle psoas-illiaque est un muscle très intéressant et central dans la structure corporelle. En effet, de part son insertion à la fois sur le fémur, l’os iliaque et les vertèbres lombaires, il permet de lier en se contractant le bas et le haut du corps. Au cours de la respiration complète en systema, ce muscle est étiré lui donnant un tonus permettant de lier complètement le haut du corps avec le bas. Il fait partie intégrante donc de la chaîne respiratoire. Cette appartenance à la chaîne respiratoire a son importance. En effet, c’est toute cette chaîne qui est attaquée en cas de stress et qui va se contracter. En tous cas, c’est une hypothèse que je pose pour la psycho-somatisation. Comment aller plus loin qu’une simple hypothèse ? En cherchant comment l’argumenter dans un premier temps, puis la tester après.

En fouillant un peu sur le sujet, je suis tombé sur une étude publiée dans « journal of anxiety » qui montre l’apparition de lombalgies chronique chez plus de 60 % des rescapés d’accident de voiture ayant développé également un syndrôme de stress post-traumatique. Cet article est intéressant puisqu’il montre que stress psychologique corrèle avec le déclenchement des lombalgies. Ceci montre donc que malgré l’absence de lésions, un stress peut déclencher une lombalgie qui se caractérise par des problèmes musculaires entres autres au niveau des lombaires (où sont insérés les psoas). D’ailleurs, si on regarde les exercices classiques utilisés en kiné pour soulager ces douleurs, l’étirement des psoas en fait partie.

Bien qu’intéressant, cet élément n’est pas suffisant puisque la détente des psoas soigne peut être les lombalgies (temporairement du moins) mais pas du tout le stress post-traumatique en questions. C’est là qu’intervient un concept hyper intéressant, le TRE pour Trauma Release Exercises.

Le tremblement est un mécanisme retrouvé chez tous les mammifères après un stress

D’où vient cette méthode ? D’une observation. Les mammifères après un fort stress (fuite, combat…) se mettent dans un coin et tremblent. A quoi peut bien leur servir ce tremblement ? A évacuer leur stress. Mais comment un tremblement peut évacuer un stress si le stress est un phénomène mental voir hormonal seulement ? Parce qu’il semblerait que ce ne soit pas le cas. En tremblant, l’animal reboot ses muscles qui ont été sous tension jusqu’à ce qu’ils soient fatigués et se relâche. Ainsi, après le tremblement, l’animal ne ressent plus le stress puisque ses muscles sont détendus.

Pourquoi ne retrouve-t-on pas cela chez l’humain ? En fait on le retrouve, on tremble lors d’un stress également. Sauf que le comportement de base est d’essayer de réduire ces tremblements en contractant encore plus le muscle. En faisant cela, socialement ça passe mieux puisque le tremblement est un signe de faiblesse dans nos sociétés. Cependant, en faisant cela, on fixe le stress dans nos muscles qui enregistre la cause du stress dans notre corps jusqu’à ce que ça se manifeste plus tard (syndrôme de stress post-traumatique à l’extrême.

Les Trauma Release Exercises

 

Suite à cette constatation, le Dr. David Berceli s’est demandé ce qu’il se passerait si on faisait trembler les gens souffrant de stress post-traumatique. Etant aux USA, il a testé cette approche du tremblement sur les soldats américains revenant du front. Ses résultats ont été extrêmement convaincants et il travaille actuellement à faire valider scientifiquement cette méthode. Son approche est assez simple, il s’agit de fatiguer les gros muscles par des petits exercices physiques puis de faire supporter le poids des jambes par la chaîne profonde, les psoas en particulier. Il s’en suit un tremblement qui fatigue les psoas jusqu’à finir par les relâcher. Il semble qu’à ce moment le stress issu de l’évènement traumatisant réduise fortement. N’ayant pas de publications à comité de lecture, le plus simple est d’essayer pour voir 😉

Toutefois, cette approche semble renforcer cette idée que les psoas « mémorisent » les émotions négatives pouvant conduire à des maladies dîtes liées au stress.

 

Respiration et psoas

Si on revient à la respiration, vu l’effet de la respiration profonde sur les psoas, on peut déjà imaginer les bénéfices de la respiration complète. En les mettant constamment en mouvement et en les étirant, on évite qu’ils accumulent de la tension. La respiration complète pourrait donc bien être un entretien parfait pour des psoas détendus. Il se pourrait d’ailleurs que ce soit parmi les explications du fait que les pratiques respiratoires diminuent le stress (ces explications étant certainement multi-factorielle).

Conclusion

 

On entend parfois dire que les psoas sont le siège de l’âme. En tous cas, ils semblent qu’ils accumulent bien des tensions liées à des émotions négatives. Leur entretien est donc crucial. Une bonne respiration (complète pas ventrale), permet de les entretenir. Pour des situations plus graves, où on aurait été dépassé, la respiration explosive va également permettre de les choquer. Pur ce qui reste et qui est là depuis longtemps, s’intéresser à la TRE pourrait être une très bonne idée.

A bientôt

Yvan

PS : un nouveau lien entre lombalgies et respiration a été évoquée lors d’une thèse en médecine

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