Une autre perspective de la sécurité personnelle

La sécurité personnelle, telle que définit dans Protegor, est le domaine de la protection personnelle qui permet d’anticiper les problèmes (accidents, agressions,…). C’est un domaine vaste et en ce qui me concerne, le plus intéressant. En effet, il permet justement de ne pas avoir à subir une situation qu’on n’a pas anticipé, qui nous met dans une situation défavorable et qui est par nature aléatoire.

Dans ce billet, je propose donc d’élargir encore plus cette notion et j’essaierai d’argumenter l’importance de cette approche si on s’intéresse vraiment à sa sécurité. Pour donner un petit avant-goût quoiqu’un peu provocateur de ma pensée, voici en ce qui me concerne un des plus grand expert en protection personnelle sur cette planète:

Un des plus grand expert de la sécurité personnelle

Continuer la lecture de Une autre perspective de la sécurité personnelle

Débutants, anciens, gradés, certifiés et poudre aux yeux dans les arts martiaux

En cette rentrée, je vois fleurir les annonces pour les différents clubs et ce qui me frappe, c’est les CVs, vraiment impressionnants pour un débutant! Un nombre de diplômes, de Dan, de certifications et autres degrés sur le CV à faire palir une ancienne Garde des sceaux. Cet article n’a pas pour objet de faire une critique de ces méthodes commerciales qui m’indiffèrent mais elle m’a fait penser aux problèmes que peuvent causer dans les cours ces « anciens » « surdiplômés » aux nouveaux. Cet article a pour but de décomplexer un peu les débutants pour faire face à ces « experts ».

Master Ken, 11eme dan, votre prochain partenaire d’entraînement

Continuer la lecture de Débutants, anciens, gradés, certifiés et poudre aux yeux dans les arts martiaux

La peur alliée ou ennemie dans nos pratiques ?

Bonjour à tous, dans ce billet nous allons discuter de la peur.

La peur est intimement liée au combat. On peut même dire qu’elle est à l’origine même du fait de vouloir combattre. En effet, la peur de quelque chose pousse à trouver une solution à ce problème pour que cette peur cesse. Le fameux « fight, freeze or flight » bien connu des aficionados de la protection personnelle montre que chacun a une réaction à la peur qui est pré-programmée. Dans nos disciplines,  l’idée première est de faire en sorte que l’on soit toujours en état de combattre. Par conséquent, un postulat communément retrouvé dans l’apprentissage est de faire en sorte que la peur ne nous atteigne plus. La question que je souhaite poser dans ce billet est de savoir si éliminer la peur, la considérant comme une ennemie est nécessairement la seule stratégie. Continuer la lecture de La peur alliée ou ennemie dans nos pratiques ?

Le rapport à la douleur dans les arts martiaux

Bonjour à tous! Dans ce billet, je vais parler du rapport à la douleur dans la pratique des arts martiaux et sports de combat. En effet, ce rapport est normalement central à nos pratiques puisque par nature, elles nous imposent de faire face à un moment ou à un autre à cette douleur. La définition officielle de la douleur donnée par l’association internationale d’études de la douleur est la suivante : « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes ». Je préciserais juste que dans ce billet, nous parlerons uniquement du cas de la douleur aïgue, définit comme « La douleur aiguë est liée à une atteinte tissulaire brutale. Elle est souvent associée à des manifestations neurovégétatives (tachycardie, sueurs, élévation de la pression artérielle) et à une anxiété. C’est un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour son intégrité. »

Vous la sentez la piqûre?

Continuer la lecture de Le rapport à la douleur dans les arts martiaux

Les bases du systema : trois ans avec Konstantin Komarov

Bonjour à tous,

 

aujourd’hui, je fais ce billet pour renvoyer  à un très long article que je viens de publier sur le site de mon club: l’ADDAM. Dans cet article, je fais un retour de mon expérience de trois ans de travail passés avec Konstantin Komarov, sur sa méthodologie d’apprentissage des bases du systema.

Au cours de ces trois années, j’ai suivi sur la base de son livre, ma méthodologie du systema, l’enseignement de ce nom reconnu du systema. Le deal avec lui était de travailler sa méthode pendant trois ans et de lui faire des retours écrits ou vidéos entre chaque séminaire qu’il venait donner. Cette méthode a porté des fruits très intéressants même si sur le coup, je n’avais pas perçu toute la logique de la chose.

Ayant fini la formation et avec ces trois années de recul, j’ai désormais une vue d’ensemble sur ce qu’il nous a proposé. J’ai donc voulu poser sur papier mon interprétation de la méthode de Konstantin Komarov qui montre pour moi tout l’intérêt d’avoir une approche logique dans l’apprentissage du systema.

Cet apprentissage passe par les phases suivantes: la respiration, le sol, la lutte et le déplacement, les poussées, les frappes et le travail libre.

Vous pouvez donc lire ce long article ICI mais le commenter sur le blog de l’observatoire des arts martiaux!

A bientôt!

Taxam

CR: Seminaire Protegor par Guillaume Morel

Début Avril, j’ai eu le plaisir de recevoir Guillaume Morel pour un séminaire Protegor organisé par l’ADDAM Toulouse (www.addam-31.com).

Guillaume Morel, co-auteur de Protegor

J’avais contacté Guillaume pour un stage il y a de cela au moins quatre ou cinq ans. A l’occasion de la sortie de la version ré-actualisée de Protegor, ce stage a enfin pu avoir lieu. La motivation première à vouloir voir son travail est d’avoir à faire à un civil. Je veux dire par là, pas un ancien videur/policier/gendarme/ militaire ou autre professionnel du combat. Pourquoi cela me paraît intéressant ? Parce que Guillaume a la vision de quelqu’un qui n’a accès qu’à des ressources disponibles au public (enfin ça demande des efforts quand même hein…). Ainsi, son expérience est transposable à tout le monde. De plus, un autre aspect intéressant est qu’il n’a pas cette vision parfois déformée par la vie professionnelle de ceux qui côtoient la violence au quotidien et qui la projettent sur tout avec un discours extrémiste que je trouve parfois dérangeant.

Le programme du séminaire Protegor dans son déroulé suivait la logique du livre Protegor (dont je ferai un compte-rendu prochainement). En effet, dans Protegor, la logique est d’anticiper l’agression, la gérer quand elle est là et s’occuper des conséquences ensuite. Dans le livre, les auteurs ont choisi respectivement les termes : sécurité personnelle, self-défense et survie urbaine. C’est ainsi que Guillaume a choisi de découper son stage. En guise d’introduction, il a bien insisté sur la différence entre être conscient de ce qui peut se passer et être paranoïaque. La bonne ambiance qui a suivi dans ce stage qui regroupait une vingtaine de participants à dessein, est certainement dû à cette approche qui ne distribue pas de la peur mais de l’attention.

I- La sécurité personnelle

 

Première surprise, la partie sécurité personnelle s’est déroulée devant un powerpoint. Guillaume à commencer à présenter les bases de la sécurité personnelle en fonction des lieux, puis en fonction des gens. Cette partie était très intéressante et très vaste à la fois. En effet, chaque item aurait pu être l’objet d’un stage. Néanmoins, cette approche m’a vraiment fait penser à un stage de premiers secours. Les gestes de bases et les réflexes à avoir pour ne pas faire d’erreurs grossières. Simplement faire la prévention la plus évidente afin de ne pas se retrouver dans une situation problématique. Toutefois, certains concepts non connu du grand public ont été abordés tels que le grey man, les zones de confort, les échelles d’attention, les EDCs (sans rentrer dans la collectionite aigue)… Le cours était conçu pour que ce soit très interactif avec des retours d’expériences des participants qui ont pu être très éclairants. Ces retexs, des participants et de Guillaume, ont permis de fixer les concepts importants en les associant à des histoires. Un classique de l’apprentissage mais qui est toujours efficace. De même, il nous a fait réfléchir avec des supports photos ou vidéos à différentes situations pour voir comment on les gèrerait, sachant qu’en situation de stress, notre capacité de raisonnement diminue beaucoup. L’importance d’anticiper pour ne pas être dans cette situation de stress est majeure. Il peut y avoir une forme de frustration à simplement rester assis. Néanmoins, le thème s’y prête bien dans ce cas. Guillaume réfléchit à des situations pédagogiques pour pouvoir aborder de façon plus pratique cette partie.

II- La phase d’agression

 

Tenir la distance avec une garde passive, désescalader, choisir quand rentrer et comment rentrer. Voilà globalement comment cette partie a été découpée. Pour cette partie, Guillaume a déroulé une pédagogie pratique avec une série d’exercices pour couvrir les différentes phases de l’action. La théorie pure portait sur les gardes passives et quelques présentations des classiques de la self pour le combat (crazy mokey, spear, shredder…). Sans entrer dans les détails techniques, il nous a donné où aller voir pour en savoir plus. Dans cette partie, s’adressant à un public pratiquant arts martiaux et sports de combat, il a pris le parti de ne pas nous proposer de techniques. Au contraire, il a voulu que nous mettions en évidence ce qui sort dans le cas d’une attaque simple mais courante, la droite de cow-boy. C’est l’utilisation du verbale qui a dérouté dans un premier temps les participants, peu habituer à parler avant d’amorcer un combat. Clairement un axe de travail important puisque totalement indispensable pour réaliser une désescalade correcte et gérer le stress psychologique et les pertes d’attention liées à l’invective.

III- Survie urbaine

 

Dernière partie, comment gérer l’après-agression. Nous avons, dans cette partie, discuté premiers secours, appel des secours, conséquences juridiques avec un point assez long sur la notion de légitime défense et des conséquences psychologiques possibles. Une partie intéressante a été passée à connaître le matériel de premiers secours et leur utilisation globale. Là encore, pas mal de retours d’expérience des participants et de Guillaume. Cette approche a permis encore une fois de fixer les choses.

Conclusion du retour sur le séminaire Protegor

 

Ce séminaire Protegor était à la fois très original et très utile. Comme je l’ai déjà dit, c’est un équivalent du psc1 de la protection personnelle. De plus, dans le choix des sujets, on était très orienté loi de Paretto où on voyait bien que 20% du boulot permet de couvrir 80%  de nos besoins réels. Pour aller plus loin, Guillaume nous a donné toutes les références pour approfondir pour ceux qui l’auraient voulu. Seul bémol, on sent qu’il manque encore quelques éducatifs pédagogiques pour les phases I et III (hors premiers secours évidemment). Néanmoins, la pédagogie de cette partie est encore balbutiante. Les idées apportées lors de son stage donnent toutefois quelques pistes à creuser. En résumé, super expérience! Certainement une des approches de cette thématique, pas évidente à aborder, les plus saines que j’ai pu voir ! Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller voir son blog : http://www.protegor.net/blog/ et procurer vous la nouvelle version de Protegor !

A bientôt

Taxam

Review: Aux sources du Karaté Fujian et Okinawa par Lionel Bigot

Bonjour à tous, on va parler de karate dans cet article!

J’ai été contacté par les éditions Atlande pour écrire une revue du livre « Aux sources du Karate Fujian et Okinawa », par Lionel Bigot. J’ai accepté avec plaisir au vue du l’érudition de l’auteur sur le sujet. Je connais assez peu le karate (et encore je n’ai pratiqué qu’un peu de shotokan…). Néanmoins, ce livre a permis de combler un certain nombre de lacunes.  Ainsi, « Aux sources du Karate » intéressera les pratiquants de Karate et tous ceux qui veulent agrandir leur culture martiale.

Le Karate est avec le Judo et l’Aikido l’un des trois Budos japonais qui se sont fait une place majeure en France et dans le monde.  En effet, cette discipline est connue de tous et pour le néophyte, c’est l’art martial « où on utilise les pieds et les poings ». Le karate auxquels ont été exposés les premiers pratiquants et qui est largement dominant aujourd’hui est le karate shotokan. Or, ce karate a été japonisé lors de l’arrivée de son fondateur au Japon, s’éloignant de de son origine est l’île d’Okinawa. Cet éloignement a marqué une nette différence entre le shotokan et les pratiques d’Okinawa.

Dans son livre, Lionel Bigot, probablement un des historiens du karate français le plus érudit retrace dans ce très bon livre les origines du karaté. A partir d’un grand nombre de sources, l’auteur présente l’histoire du karate, explique le pourquoi de la pratique et de son évolution. De plus, étant un karateka aguerri qui a réussi à devenir instructeur à Okinawa même, il présente une vision pratique du sujet avec en particulier le suivi du kata sanchin,  une des bases de la formation du corps, du rythme et de la respiration en karate. Ce livre, très pointu, permettra aux pratiquants de karate de connaître l’histoire de leur art et de la transmission des boxes du sud de la Chine à Okinawa.

 

Comment le karate est-il arrivé à Okinawa?

 

Pour répondre à cette question, l’auteur décrit d’abord dans le premier chapitre du livre la situation d’Okinawa. Grâce à la connaissance de la géographie et de l’histoire de cette île, on comprend mieux les liens qui la lie au Japon, mais surtout à la Chine  et la province du Fujian en particulier où se trouve les sources du Karate et du kata Sanchin en particulier. On comprend aussi pourquoi face à l’occupation japonaise, des techniques de combat à mains nues se sont développées.

Du Fujian est arrivé à la fois des techniques de combat et des écrits, dont un central, le bubushi, le manuel de préparation à la guerre contenant les techniques et préceptes de base du combat. Tous les fondateurs des différents styles de karaté revendiquent la transmission du bubushi du Fujian à Okinawa. Or, il est intéressant de savoir que ce document renvoie à la boxe de la grue blanche, lié directement les temples martiaux, dont les légendaires temples shaolin.

C’est dans cette partie également que sont présentés les maîtres chinois qui auraient transmis cet art aux futurs maîtres d’Okinawa et surtout le contenu de cette transmission. L’auteur a fait un travail fouillé et à partir des différentes sources, proposé l’histoire de chacun des protagonistes avec un grand nombre de dates clés.

La pratique du combat à Okinawa

Dans cette partie, l’auteur décrit le corpus technique des styles de combat d’Okinawa. Il parle ensuite des méthodes traditionnelles utilisées pour s’entrainer et construire le corps. Parmi les différentes écoles, un kata est central dans la pédagogie, Sanchin. Il semble que ce soit ce kata qui permette de retracer sans ambiguité la provenance commune des styles d’Okinawa.

L’auteur liste et présente ensuite les initiateurs de cette pratique à Okinawa. Il est intéressant de noter que nombre d’entre eux sont issus de la noblesse d’Okinawa. Ceci tranche avec la légende du combat des paysans locaux contre les soldats japonais. Ces initiateurs sont d’ailleurs allés pour la plupart étudier en Chine avant de ramener leurs connaissances sur l’île.

La fondation des différents styles, les fondateurs et la transmission par les disciples.

 

Dans cette partie,  l’auteur liste les différentes écoles, leur fondateur, leur historique et leur devenir via leurs élèves. Lionel Bigot prend le temps de décrire les spécificités de chacune concernant la pédagogie et le cursus technique. En particulier, il explique les différentes façons d’exécuter différents katas en fonction de l’école et parmi ces katas, toujours Sanchin. On se rend bien compte des variations importantes et de l’impact que cela peut avoir sur les différents styles. Il  présente ensuite une biographie rapide des élèves qui ont ensuite diffuser le style. La plus grosse partie est consacrée à l’école Gojo-ryu et à son fondateur, Miyagi Chojun. Cette école est en effet aujourd’hui très représentée dans le monde. Sa respiration est très particulière, de même que son exécution de Sanchin, comme on peut le voir dans cette vidéo:

Il est intéressant de comparer à une autre école comme l’Uechi-ryu dont l’auteur parle aussi:

Cette partie est réellement très intéressante et on comprend bien la multitude des styles d’Okinawa.

Conclusion

L’auteur conclut et explique comment profiter d’un voyage à Okinawa. Cette partie intéressera les passionnés de Karate qui voudraient remonter à la source de leur art.

Ma conclusion sur ce livre est qu’il est aussi dense qu’intéressant. C’est typiquement le genre de livre sur les arts martiaux dont le nombre manque en langue française. En effet, loin des classiques livres techniques, on a ici un ouvrage historique de grande qualité.

Pour ceux qui voudraient le lire, le livre est en commande sur le site des éditions Atlande.

 

N’hésitez pas à laisser votre avis sur le livre!

 

A bientôt

 

Taxam

L’enseignement dans les arts martiaux : cherche-t-on réellement l’autonomie dans la pratique?

Petite réflexion sur l’enseignement après avoir pratiqué avec quelques pratiquants de longues dates et vu quelques stages récemment. Est-ce que l’enseignement des arts martiaux cherche réellement à rendre le pratiquant autonome ? Par autonome, je ne parle pas de capacités combatives particulières mais d’une capacité à comprendre seul ce que l’on pratique et encore mieux, être capable de s’entraîner tout seul.

Je vais raconter deux anecdotes pour illustrer ce que je raconte. Chacune de ces anecdotes interroge sur la volonté, volontaire ou non, de laisser les élèves dans le flou.

I- Tenir l’évidence cachée lors de l’enseignement pour conserver une supériorité technique

 

Je pratiquais avec un pratiquant suivant l’enseignement d’un art martial traditionnel. Il essayait d’exécuter un mouvement clairement faux. Par faux, je veux dire que mécaniquement, ce mouvement était un non-sens. Dans ce travail, je n’étais pas en opposition mais simplement honnête dans le travail. Evidemment, ce qu’il faisait ne marchait donc pas. En lui corrigeant son mouvement avec une correction mécanique évidente, son mouvement s’est mis à marcher. Il était content. Je l’ai revu quelques temps plus tard. Il m’a dit qu’il avait montré le mouvement à son maître. Ce dernier lui avait dit qu’il ne fallait pas le montrer parce que c’était un secret d’école…

Paye ton suivi pédagogique…

Une telle remarque est pour moi proprement scandaleuse. Soit on est un enseignant et on cherche à rendre ses élèves capables d’être autonomes dans ce sur quoi ils se sont engagés à plusieurs niveaux pour apprendre, soit on est un gourou qui cherche à garder des clients. La rétention volontaire d’information ne me gêne pas si elle est clairement annoncée ou au moins si elle permet de faire correctement ce qui est montré. Là j’avais en face de moi quelqu’un qui perdait du temps et de l’argent à essayer de faire un truc faux. Avec ce type de comportement, on comprend mieux pourquoi il n’y a que quelques représentants corrects des écoles traditionnelles.
On ne peut même pas dire que c’est de la rétention d’information par omission puisque ces écoles ont des éducatifs où le placement de chaque segment de corps au cm près peut-être corrigé par le maître…

II- Manque de méthodologie dans l’enseignement

 

Deuxième anecdote, je regardais un stage d’art martiaux du sud-est asiatique. Sans mentir, pendant 45 minutes, l’instructeur montrait strictement toujours la même chose en rajoutant un ou deux coups de poing dans un enchaînement de plus en plus long. Cet enchaînement était appelé série technique. Un classique dans les arts martiaux philippins et indonésiens. Le terme série technique pourrait signifier qu’il y a une forme de pédagogie. Ben non. C’est juste une série de mouvements techniques au premier degré. Pas réellement de logique, pas de principes communs. Rien. On aurait pu dire que c’était un stage et donc que c’était pour montrer quelques mouvements. En ce qui me concerne je ne vois pas trop l’intérêt mais pourquoi pas…
Mais non. Le but de ces stages était de former des instructeurs capables d’enseigner dans leur groupe de travail. Donc ces futurs instructeurs n’avaient rien d’autre que des mouvements creux à répéter. Pas de logique, ni de liant à part dire que c’est la série technique X…

Autrement dit, ils seront toujours dépendants de leur instructeur pour apporter de la nouveauté.

III- Absence de stratégie pédagogique dans l’enseignement

 

Ce cas-là est à la fois plus problématique mais aussi plus gênant. Ici c’est plus une non-anecdote que j’ai à raconter. C’était il y a quelques années lors d’un stage de self-défense. J’étais allé à ce stage pour trouver des outils et des situations pédagogiques pour travailler l’aspect de la prévention de l’agression. Ceci était au programme du stage et le stage était sensé se diviser en pré-agression et travail de self pur sur l’agression qui ne m’intéressait pas. Au final, la partie pré-agression a duré 15 minutes, la partie agression 3 heures…
La majorité des gens (pas tous !) avec qui j’ai discuté et qui ont participé à des stages de self se sont retrouvés dans la même situation. En creusant un peu, eh bien il semble que ce soit les situations pédagogiques qui manquent pour travailler là-dessus.
Problèmes en self défense, 99% du temps devrait être consacré à ça…

Conclusion

 

Alors que faire ? En sport, il y a des stratégies pédagogiques très pointues et très facilement accessible. Les prévôts de boxe par exemple sont capables de former des boxeurs en quelques mois qui pourront être autonomes dans leur entraînement de base. Ils pourront même devenir des combattants redoutables.
Attention, je ne dis pas que la formation d’animateur sportif est nécessaire pour enseigner (pour en avoir suivie, le contenu est mal délivré et la difficulté est tellement basse qu’un titulaire d’un de ces diplômes n’équivaut absolument pas à un pédagogue…). Néanmoins, les sciences du sport et de l’éducation ont énormément à apporter aux arts martiaux qui se basent sur une transmission largement obsolète (si le but est de transmettre au plus grand nombre évidemment). Savoir construire une logique de progression, des éducatifs, définir les problématiques et comment les résoudre est un minimum lorsqu’on enseigne. Si les instructeurs prenaient le temps de faire cela, le niveau global serait bien plus élevé et surtout, les élèves pourraient bien plus facilement s’améliorer et s’étalonner.
Néanmoins, je serais curieux de connaître votre sentiments sur comment votre transmission se déroule !

A bientôt

Taxam