Archives de catégorie : Livres

Review: Aux sources du Karaté Fujian et Okinawa par Lionel Bigot

Bonjour à tous, on va parler de karate dans cet article!

J’ai été contacté par les éditions Atlande pour écrire une revue du livre « Aux sources du Karate Fujian et Okinawa », par Lionel Bigot. J’ai accepté avec plaisir au vue du l’érudition de l’auteur sur le sujet. Je connais assez peu le karate (et encore je n’ai pratiqué qu’un peu de shotokan…). Néanmoins, ce livre a permis de combler un certain nombre de lacunes.  Ainsi, « Aux sources du Karate » intéressera les pratiquants de Karate et tous ceux qui veulent agrandir leur culture martiale.

Le Karate est avec le Judo et l’Aikido l’un des trois Budos japonais qui se sont fait une place majeure en France et dans le monde.  En effet, cette discipline est connue de tous et pour le néophyte, c’est l’art martial « où on utilise les pieds et les poings ». Le karate auxquels ont été exposés les premiers pratiquants et qui est largement dominant aujourd’hui est le karate shotokan. Or, ce karate a été japonisé lors de l’arrivée de son fondateur au Japon, s’éloignant de de son origine est l’île d’Okinawa. Cet éloignement a marqué une nette différence entre le shotokan et les pratiques d’Okinawa.

Dans son livre, Lionel Bigot, probablement un des historiens du karate français le plus érudit retrace dans ce très bon livre les origines du karaté. A partir d’un grand nombre de sources, l’auteur présente l’histoire du karate, explique le pourquoi de la pratique et de son évolution. De plus, étant un karateka aguerri qui a réussi à devenir instructeur à Okinawa même, il présente une vision pratique du sujet avec en particulier le suivi du kata sanchin,  une des bases de la formation du corps, du rythme et de la respiration en karate. Ce livre, très pointu, permettra aux pratiquants de karate de connaître l’histoire de leur art et de la transmission des boxes du sud de la Chine à Okinawa.

 

Comment le karate est-il arrivé à Okinawa?

 

Pour répondre à cette question, l’auteur décrit d’abord dans le premier chapitre du livre la situation d’Okinawa. Grâce à la connaissance de la géographie et de l’histoire de cette île, on comprend mieux les liens qui la lie au Japon, mais surtout à la Chine  et la province du Fujian en particulier où se trouve les sources du Karate et du kata Sanchin en particulier. On comprend aussi pourquoi face à l’occupation japonaise, des techniques de combat à mains nues se sont développées.

Du Fujian est arrivé à la fois des techniques de combat et des écrits, dont un central, le bubushi, le manuel de préparation à la guerre contenant les techniques et préceptes de base du combat. Tous les fondateurs des différents styles de karaté revendiquent la transmission du bubushi du Fujian à Okinawa. Or, il est intéressant de savoir que ce document renvoie à la boxe de la grue blanche, lié directement les temples martiaux, dont les légendaires temples shaolin.

C’est dans cette partie également que sont présentés les maîtres chinois qui auraient transmis cet art aux futurs maîtres d’Okinawa et surtout le contenu de cette transmission. L’auteur a fait un travail fouillé et à partir des différentes sources, proposé l’histoire de chacun des protagonistes avec un grand nombre de dates clés.

La pratique du combat à Okinawa

Dans cette partie, l’auteur décrit le corpus technique des styles de combat d’Okinawa. Il parle ensuite des méthodes traditionnelles utilisées pour s’entrainer et construire le corps. Parmi les différentes écoles, un kata est central dans la pédagogie, Sanchin. Il semble que ce soit ce kata qui permette de retracer sans ambiguité la provenance commune des styles d’Okinawa.

L’auteur liste et présente ensuite les initiateurs de cette pratique à Okinawa. Il est intéressant de noter que nombre d’entre eux sont issus de la noblesse d’Okinawa. Ceci tranche avec la légende du combat des paysans locaux contre les soldats japonais. Ces initiateurs sont d’ailleurs allés pour la plupart étudier en Chine avant de ramener leurs connaissances sur l’île.

La fondation des différents styles, les fondateurs et la transmission par les disciples.

 

Dans cette partie,  l’auteur liste les différentes écoles, leur fondateur, leur historique et leur devenir via leurs élèves. Lionel Bigot prend le temps de décrire les spécificités de chacune concernant la pédagogie et le cursus technique. En particulier, il explique les différentes façons d’exécuter différents katas en fonction de l’école et parmi ces katas, toujours Sanchin. On se rend bien compte des variations importantes et de l’impact que cela peut avoir sur les différents styles. Il  présente ensuite une biographie rapide des élèves qui ont ensuite diffuser le style. La plus grosse partie est consacrée à l’école Gojo-ryu et à son fondateur, Miyagi Chojun. Cette école est en effet aujourd’hui très représentée dans le monde. Sa respiration est très particulière, de même que son exécution de Sanchin, comme on peut le voir dans cette vidéo:

Il est intéressant de comparer à une autre école comme l’Uechi-ryu dont l’auteur parle aussi:

Cette partie est réellement très intéressante et on comprend bien la multitude des styles d’Okinawa.

Conclusion

L’auteur conclut et explique comment profiter d’un voyage à Okinawa. Cette partie intéressera les passionnés de Karate qui voudraient remonter à la source de leur art.

Ma conclusion sur ce livre est qu’il est aussi dense qu’intéressant. C’est typiquement le genre de livre sur les arts martiaux dont le nombre manque en langue française. En effet, loin des classiques livres techniques, on a ici un ouvrage historique de grande qualité.

Pour ceux qui voudraient le lire, le livre est en commande sur le site des éditions Atlande.

 

N’hésitez pas à laisser votre avis sur le livre!

 

A bientôt

 

Taxam

Review : La self-défense par ACDS-NDS

Bonjour à tous, aujourd’hui je vais vous parler du livre « La self-défense » par l’ACDS, un des indispensables de la littérature française sur la sécurité personnelle.

Introduction

 

L’ACDS et NDS sont deux écoles de self-défense regroupant des formateurs francophones de très grande qualité. Ils sont connus pour leur approche globale de la self-défense, à savoir le traitement de l’agression, avant, pendant et après. Ce type d’approche à longtemps en France était en retrait. En effet, pour beaucoup, et même encore aujourd’hui, la self-défense c’est une défense sur une technique d’attaque. Peu s’intéressaient à ce qui se passe avant et après l’agression, à savoir ce comment l’éviter et le cas échéant comment en gérer les conséquences. Lorsqu’on s’intéresse à ce types d’approches, on se rend compte que les compétences nécessaires pour gérer ce type de situations sont diverses et variées. On se rend compte surtout qu’elles dépassent largement le domaine des arts martiaux et des sports de combat.

acds self-défense

Dans une optique de sensibilisation du public à cette approche, les moniteurs de l’ACDS ont décidé de rédiger un petit manuel que je vais présenter ici. Continuer la lecture de Review : La self-défense par ACDS-NDS

La Boxe Educative- P. Cougoulic, S. Raynaud, B Cougoulic

Bonjour à tous ! Dans ce billet je vais parler de Boxe en vous présentant « La Boxe Educative » par P. Cougoulic, S. Raynaud, B Cougoulic publié chez Amphora éditions.

Introduction

 

On en a déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, la pédagogie est un point bloquant dans les arts martiaux. Trouver la bonne pédagogie signifie d’accepter des compromis entre réalisme, risques, aspects ludiques… De plus, une pédagogie adaptée dépendra fortement du background culturel des pratiquants. En effet, chaque culture possède un style d’enseignement et vecteurs d’apprentissages auxquels on sera plus ou moins sensible. A cela évidement se rajoute les variations individuelles. Compliqué de prime abord mais il y a tout de même un vecteur commun à tout le monde : le jeu. On retrouve le jeu dans toutes les sociétés et même chez les animaux qui jeunes apprennent par le jeu.

Le livre dont je vais parler aujourd’hui traite de boxe éducative. La boxe éducative est à la base une méthodologie prévue pour l’enfant. Le but est de ne pas le choquer avec l’aspect potentiellement violent de la boxe et des coups. Dans ce livre, les auteurs proposent donc une pédagogie basée sur le jeu et sur l’absence de sanctions douloureuses. Toutefois, dans le même temps elle développe toutes les qualités que doit avoir un bon boxeur.

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Les principes éducatifs sont les suivants :

  • S’amuser avec l’adversaire
  • Ne pas nuire à son adversaire
  • Etre sanctionné pour tout comportement violent

Toutefois, les auteurs font attention à respecter la logique du duel : toucher sans être touché mais avec un contrôle des touches.

Ainsi, c’est une excellente source d’exercices et de méthodes. Tout pratiquant peut ainsi réadapter cette méthode à son entrainement pour développer des qualités difficiles à travailler autrement.

 

I-Les fondamentaux de la Boxe

 

Les auteurs commencent par présenter une façon de développer les fondamentaux de la boxe par toutes une série d’exercices ludiques. La première partie couvre le contrôle de soi et le règlement. Les exercices permettent de se familiariser avec la peur du coup, la peur de l’engagement et les règles de la boxe. Vient ensuite la préparation à l’attaque. Dans ces jeux, les élèves apprennent quand déclencher une attaque, quand faire déclencher, où viser et comment cadrer le partenaire. Après la préparation, la méthode s’intéresse à l’attaque. Ces exercices ont pour but de développer la variété des attaques que ce soit des mains, des angles, des techniques ou des enchaînements. La défense succède ensuite à l’attaque. Ici, les déplacements, les blocages et les esquives sont travaillées. La suite logique est bien sûr la contre-attaque qui combine la défense puis l’attaque dans de nouvelles situations pédagogiques où l’initiative est laissée à l’attaquant. Enfin, les derniers exercices traitent du contre et donc développe les capacités d’anticipation.

Tous les exercices proposés ont en commun un aspect ludique avec une mini compétition à chaque fois. Il y a tout de même une grande diversité des situations et une absence de violence qui permet un environnement d’apprentissage sécurisé.

II- Stratégies pédagogiques pour l’enseignement de la Boxe

 

Dans cette partie, les auteurs proposent une pédagogie élargie. Ainsi, ils présentent des possibilités de variations pour faire progresser les élèves sur la durée. Le choix et l’ordre des capacités à développer semble complètement logique ils ont vraiment le mérite de l’avoir posé sur papier. Leurs choix sont d’ailleurs parfaitement justifiés et argumentés malgré leur relative évidence.

Dans une seconde partie, ils proposent de réfléchir à différentes stratégies de jeu pour obliger les boxeurs à réfléchir sur leur manière de travailler. Ils développent ainsi leur lecture de la boxe. Pour cela, ils proposent des variations des situations pédagogiques qui obligent à développer stratégie, motricité, gestion émotionnelle et capacités cognitives de façon assez brillante.

Enfin dans une troisième partie, les auteurs développent l’utilisation du matériel pédagogique comme sac de frappes, plots, cerceaux…

Une partie annexe, plus orientée pour les éducateurs s’intéresse à la baby boxe, encore plus ludique.

Le livre se termine sur une contre argumentation sur les idées reçues sur ce type de pédagogie.

 

Conclusion

 

Ce livre est en termes de méthodologie et de pédagogie un des plus intéressants que je connaisse dans les sports de combat en français. En effet, il intègre une vision moderne de la pédagogie qui a fait ses preuves dans de nombreux autres domaines. De plus, ces situations sont totalement transposables à d’autres disciplines. J’utilise moi-même certains d’entre eux pour rassurer des adultes débutants sur les frappes et le contact. Je recommande donc vivement ce livre à tous les enseignants mais aussi pratiquants qui cherchent à améliorer leur méthode d’apprentissage. Ne vous arrêtez pas au fait que cela parle de boxe, un peu d’imagination rend la méthode transposable à n’importe quel art martial. Bien sûr, cette approche ne permet pas de couvrir toutes les spécificités de l’art martial ou de la protection personnelle comme justement la gestion de l’agressivité et la violence. Toutefois se passer de cette pédagogie à cause de cela serait ridicule, il y a un temps pour tout. D’abord développer les capacités motrices, techniques, physiques et tactiques. On peut ensuite passer à une méthodologie pour gérer la violence, les émotions, et tout ce qu’on veut. Ne pas rester exclusif est de toute façon indispensable pour travailler correctement.

Donnez-moi votre avis sur cette méthode de travail et l’apport que cela a éventuellement eu sur vos élèves ou sur vous-même !

 

A bientôt

 

Taxam

Tao of Jeet Kune Do de Bruce Lee

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre que tout pratiquant d’arts martiaux devrait avoir lu, Tao of Jeet Kune Do de Bruce Lee.

Jeet Kune Do

Faut-il vraiment que je dise qui c’est? 

 

 

Jeet Kune Do. Bruce Lee est une véritable icône. Les arts martiaux ont explosé en occident grâce à ses films. Néanmoins résumé sa carrière à celle d’acteur serait très réducteur. En effet, il a été largement en avance sur son temps en ce qui concerne l’apprentissage des arts martiaux et de la préparation physique. Il pourrait même être considéré comme un des précurseurs du cross-training qui est aujourd’hui devenu une norme. Par ses recherches, il a développé sa propre approche de l’art martial qu’il a appelé Jeet Kune Do. En effet, le Jeet Kune Do n’est pas un style, c’est une approche, une philosophie évolutive. Aujourd’hui, son approche peut paraître banale, mais à son époque ce qu’il faisait était révolutionnaire.

Il y a pour moi deux livres à fortes valeurs ajoutées de Bruce Lee où il expose sa vision de l’art martial et sa méthodologie: ma méthode de combat et Tao of Jeet Kune Do (publié en français par Budo Editions) dont je vais parler ici.

Une compilation de notes posthume

 

Ce livre a été publié aux USA en 1975, deux ans après la mort de Bruce Lee. Le matériel utilisé est tout de même celui que Bruce lui-même a écrit après une grave blessure au dos en 1970. En effet, durant cette période, il a été maintenu couché pendant six mois. Il profita donc de ce temps pour organiser ses recherches et définir sa vision de l’art martial. En plus des écrits produits à ce moment là, d’autres textes ont été compilés par sa femme, l’éditeur et des proches élèves de Bruce Lee comme Dan Inosanto et ajoutés au livre. Ce qui donne parfois un texte un peu décousu. Néanmoins, ce style sous forme de notes, de croquis et de réflexions philosophiques reflète cet esprit de chercheur que Bruce Lee possédait.

Jeet Kune Do: une approche par principes

 

Jeet kune do est donc le nom que Bruce Lee a choisi pour nommer sa vision de l’art martial. Une des traductions est la voie du poing qui intercepte. Il définit 16 principes qui régissent son approche. Parmi eux, sa tactique, sa structure, sa philosophie du mouvement, sa bio-mécanique et sa statégie de préparation physique. Là encore, on ne peut que reconnaître l’avance qu’il avait sur son temps (et qu’il a encore…). En effet, il parle de principes. Je le cite:

 » Je veux espérer que les adeptes des arts martiaux sont plus intéressés par la racine de l’art que par les circonvolutions décoratives des branchages, floraisons et autres feuillages »

Bon c’est pas encore vraiment le cas dans la pratique (et ironiquement, même à la Inosanto Academy…) mais l’idée est là.

Des concepts modernes dans les arts martiaux

 

Autre point extrêmement intéressant dans son approche de l’art et on retrouve ses recherches à ce sujet dans le livre: la préparation physique. Là encore, il était en avance puisqu’on voit qu’il est allé chercher des exercices de préparation physique non seulement dans divers arts martiaux mais également dans les connaissances scientifiques en sport de son époque. Il réalisait ainsi pleinement l’importance de la condition physique dans l’art martial. Là aussi, si on est attentif à ses notes, on se rend compte qu’il est en avance sur la conception actuelle de la préparation sportive…

On voit aussi qu’il a cherché à rationaliser ses coups, ses angles et ses cibles pour chaque mouvement. En effet, ils sont tous fait dans un objectif précis et inattendu pour l’adversaire. De même, le timing prend une importance capitale qu’il décrit très bien.

Enfin tactiquement, il est allé cherché dans les déplacements et les distances des éléments des arts martiaux occidentaux, notamment les escrimes, la boxe anglaise et française. En effet, en terme de jeu de jambes non rien à envier aux disciplines orientales. Il a également pris note de l’importance du travail dans les différentes distances, en particulier le sol et la lutte qui aujourd’hui ont été popularisées par le MMA.

 

La plus-value de Tao of Jeet Kune Do

La plus-value de Tao of Jeet Kune Do n’est pas réellement dans la méthodologie. On a ici plutôt un livre pour comprendre une méthodologie, avec toutes les réflexions nécessaires pour la travailler ensuite. Pour celui qui veut réellement pratiquer le Jeet Kune Do, le livre de Méthodologie du combat est plus intéressant. Néanmoins, ici, on comprend parfaitement la distinction entre le principe et la technique. On comprend sa manière de réfléchir et donc comment approcher le Jeet Kune Do. On peut également s’approprier ses réflexions pour les replacer dans nos propres contextes. Ceci améliorera certainement la réflexion sur nos pratiques et les objectifs qui en découlent.

En conclusion

 

Bruce Lee est un des pionniers des arts martiaux modernes. Dans Tao of Jeet Kune Do, il pose les bases et même plus de ce que seront les arts martiaux aujourd’hui et même dans le futur. A condition d’être attentif et de vider sa tasse vide :P.

C’est un livre qui est particulièrement transversal et qui apportera à chaque pratiquant d’arts martiaux.

Et vous l’avez vous lu? Qu’en avez-vous pensé?

Respiration et cognition: le rythme respiratoire influe sur nos performances

Introduction: Respiration et Cerveau

 

Respiration et cerveau

Il y a quelques temps, Vladimir Vasiliev présentait un nouveau dvd intitulé: Breathing and fear (Respiration et peur). Dans ce dvd sur la Respiration que j’ai trouvé particulièrement intéressant par rapport à d’autres sortis auparavant, Vladimir présente une pédagogie pour utiliser la respiration dans le cadre de la gestion des peurs passées et dans l’action. J’allais faire une petite traduction d’une partie de ce dvd (avec l’approbation de Valérie Vasiliev) et une revue mais entre temps, un article particulièrement intéressant et pertinent a été publié dans la revue The journal of Neuroscience, au facteur d’impact plus qu’honorable puisqu’il est en 2016 à 5,9.

Une première étude chez l’Homme prouvant un lien direct entre respiration, émotions et capacités cognitives.

 

L’article en question est ici et s’intitule: Nasal Respiration Entrains Human Limbic Oscillations and Modulates Cognitive Function

On peut le traduire par « La respiration nasale provoque des oscillations Limbique chez l’Homme et module la fonction cognitive. »

Pourquoi est-ce intéressant pour moi? Parce qu’autant dans la pratique du systema que dans d’autres pratiques ayant des aspects respiratoires (en vrac, pranayama, wim hof, meditation pleine conscience…), on lie énormément la respiration à de nombreuses modifications émotionnelles voire de performances cognitives.

Or jusqu’à présent, il avait été montré chez d’autres mammifères que le rythme respiratoire influe sur certains comportements. Par contre, chez l’Homme cela restait à faire et en particulier, l’influence de celle-ci sur les émotions et sur les capacités cognitives.

C’est maintenant chose faîte.

L’idée de cet article n’est pas d’analyser l’article en détail, mais plutôt de résumer les principales découvertes et de voir comment nous pouvons utiliser cette information.

Comme chez les autres mammifères, la respiration de repos influe sur l’activité électrique du cortex piriforme

 

Une des limitations jusqu’alors pour travailler sur cette question était l’utilisation de l’electro-encéphalogramme. En effet, la pose d’électrodes externes ne permettait pas d’avoir une vue précise de l’activité cérébrale en temps réelle des différentes zones du cerveau à étudier. Or, dans cette étude, les auteurs ont eu l’opportunités de pouvoir utiliser un electro-encéphalogramme avec des électrodes internes donnant une précision non atteinte jusque là.

Ainsi, l’une des premières observations a été que comme chez les autres mammifères, l’activité du cortex piriforme (lié à l’olfaction) est corrélée à la respiration que je définirais de repos (dans le texte ils parlent de respiration à basse fréquence). Par contre, aucun lien n’est fait avec l’amygdale (lié à la peur entre autres) et l’hippocampe (mémoire et navigation spatiale). Dit autrement, au repos, la respiration sert d’un point de vue neuro à sentir les odeurs environnantes.

Le pic inspiratoire influe sur l’amygdale et l’hippocampe avec des conséquences sur les performances cognitives

C’est ici que l’étude devient vraiment intéressante. En effet, les auteurs ont pu montré que lors de l’inspiration, l’activité de l’amygdale et de l’hippocampe s’allume et cette activité est complètement dépendante du flux d’air qui passe dans le nez. Autrement dit plus il y a d’air, plus ces deux centres s’activent. Encore plus intéressant, une inspiration par la bouche n’a pas d’effet…

Les auteurs ont donc voulu tester les performances cognitives de leurs sujets en fonction du cycle respiratoire. L’amygdale est liée à la peur. Les chercheurs ont donc construits une expérience durant laquelle les sujets devaient reconnaître sur des photos montrant des visages exprimant de la peur ou de la surprise. Dans ce cas, les performances étaient largement meilleure au cours de l’inspiration pour la reconnaissance de la peur que lors de l’expiration. La reconnaissance de la surprise n’est elle pas influencée ni par l’inspiration ni par l’expiration (contrôle).

Concernant les capacités cognitives, pour tester l’influence de la respiration sur l’hippocampe, les auteurs ont fait mémoriser des images aux sujets sur l’inspiration ou l’expiration et 20 minutes plus tard, ils devaient retrouver l’ordre de ces images. Là aussi sur l’inspiration, les performances étaient nettement meilleures.

Autre donnée très intéressante, l’inspiration par la bouche n’a aucun effet sur les performances émotionnelles ou cognitives. La clé est donc dans l’inspiration par le nez.

Discussion

L’auteur de cet article dit: « If you are in a panic state, your breathing rhythm becomes faster, » Zelano said. « As a result you’ll spend proportionally more time inhaling than when in a calm state. Thus, our body’s innate response to fear with faster breathing could have a positive impact on brain function and result in faster response times to dangerous stimuli in the environment. » (source)

Traduction: « si vous êtes en état de panique, votre rythme respiratoire devient plus rapide. Par conséquent, vous passez en proportion plus de temps à inspirer que quand vous êtes au calme. Ainsi, la réponse du corps innée à la peur avec l’accélération de la respiration pourrait avoir un impact positif sur le fonctionnement du cerveau et donnerait un temps de réaction plus court à des stimuli dangereux de l’environnement »

Il ajoute que des études sont en cours sur les effets de la respiration contrôlée et de la méditation puisque « Quand on respire, on synchronise les oscillations cérébrales dans l’ensemble du réseau limbique » (lié aux émotions).

Enseignements et applications potentielles

 

La respiration fait donc partie de nos réponses adaptatives au danger. Si on apporte ces données à la respiration en systema, et en particulier la respiration de travail, on s’aperçoit de plusieurs choses.

Premièrement, n’en déplaise aux pratiquants et instructeurs pour qui la respiration c’est de la foutaise bon pour des adeptes de sectes, cela confirme pour ceux qui la pratiquent et qui l’ont bien cette impression que la respiration de travail permet d’améliorer l’attention et la performance. En effet, d’après cette étude, ce type de respiration impacte l’hippocampe qui ici a un effet sur la mémoire mais qui participe au positionnement dans l’espace et au déplacement dans l’espace. Bien que ça n’ait pas été testé dans l’article, l’augmentation de son activité permettrait certainement d’avoir une meilleure gestion du corps, des distances et de l’environnement (ce qu’on peut vérifier empiriquement bien sûr quand on respire correctement).

Deuxièmement, la mise en place permanente de cette respiration de travail améliore la mémorisation. Or étant dans un processus d’apprentissage, il me semble pertinent d’insister sur ce point. D’ailleurs, une réflexion que je me suis faite en lisant cet article est que la rapidité du conditionnement en systema lorsque la respiration est mise en place est peut être justement due à cela.

Troisièmement, la respiration explosive où au final on expire plus que l’on inspire en terme de flux et d’amplitude pourrait trouver son efficacité dans le fait de ne pas suractiver l’amygdale. On obtiendrait donc un meilleur contrôle de la peur. Idem d’ailleurs en pranayama ou autre. Quand les expirations sont très longues, l’amygdale se retrouverait au repos, ce qui aurait des effets sur l’anxiété par exemple.

Quatrièmement, on inspire par le nez, on expire par la bouche, et en combat, (cf Vlad au dernier séminaire à saint-raphael) on ferme la bouche, travaillant uniquement avec le nez. On augmente donc ainsi nos performances.

Enfin, si l’on regarde les graphiques dans l’article, la phase d’apnée est celle où l’activité est la plus faible. Les apnées non contrôlées en systema sont à bannir, une partie des explications peut se trouver là dedans.

Conclusion

 

Voilà les informations que je retiens de cet article qui pour certains pourraient sembler évident puisqu’ils l’ont expérimentés empiriquement mais pour moi difficile d’accepter une généralité d’une expérience empirique.

Du coup, dans mon prochain article, je ferai la review du dvd Breathing and Fear.

Si vous avez d’autres conclusions ou points de désaccords dans cet article, n’hésitez pas à laisser un commentaire!

A bientôt

Taxam

Strikes-Soul meets the body par Vladimir Vasiliev et Scott Meredith, ma review

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vais vous parler de la bonne surprise du mois, le livre Strikes- Soul meets the body du co-fondateur du systema moderne, Vladimir Vasiliev accompagné de Scott Meredith.

STRIKES: Soul Meets Body

Ce livre est sorti le mois dernier et je dois avouer que normalement, je ne l’aurais certainement pas pris ou du moins, pas aussi vite. Pourquoi? Parce que déjà, un livre sur une thématique comme la frappe me semblait aussi pertinent qu’un bouquin pour apprendre à faire du vélo ou à nager. Ce sont des choses qui ne s’apprennent que par la pratique pour moi. Ensuite, ayant vu plusieurs DVDs et assisté à des séminaires de Vladimir, autant l’homme m’a toujours impressionné, autant je trouvais la pédagogie pour le moins soft (ce qui m’a fait m’intéresser énormément à la méthode de Konstantin Komarov). Enfin, ayant lu le premier livre « Let everything breath », par le même auteur, je me suis dit que c’est sympa pour découvrir le systema, mais au final, le contenu, on le pratique déjà. Bref…

Or, il y a moins de deux mois, j’invitais Arend Dubbelboer pour un stage et lors d’une conversation, il me dit que Vladimir sort un nouveau livre, que Kwan Lee a eu l’occasion de lire le draft il y a quelques temps et lui a dit que ce livre était réellement excellent. Après discussion, Arend a piqué ma curiosité et quand j’ai reçu le message de Toronto disant que le bouquin était disponible, je l’ai commandé. Moins d’une semaine plus tard (impressionnant pour un envoi d’outre-atlantique), je l’avais en main et 2 jours après, je l’avais lu. Mon verdict? Ce bouquin est simplement excellent.

Strikes est le support idéal pour comprendre ce qu’est le systema Vasiliev

 

C’est tout d’abord cela qui frappe (sans mauvais jeu de mots)  à la lecture du livre. Oui le thème est sur comment frapper, oui il donne des tas d’exercices plus ou moins connus pour améliorer la frappe (l’exercice du gant est particulièrement amusant je trouve) mais surtout, il explique pourquoi frapper. Il explicite en quoi le travail de frappe est un travail sur soi et comment frapper et recevoir un coup de poing va permettre d’apprendre à se connaitre soi-même. Et c’est là que ce bouquin prend tout son intérêt. Bien plus que let everything breath, Strikes connecte directement un travail à priori sur le combat à un travail sur le mental et l’émotionnel. C’est ce que présente la première partie de ce livre comprenant les chapitres 2 et 3.  Ces deux chapitres montrent l’importance de contrôler son émotionnel par la respiration pour recevoir la frappe entrainant le relachement. Mais il montre également que ce travail de relachement permet de libérer le mental pour devenir froid, ou plutot, mentalement non impliqué ou non parasité par ses émotions ou les émotions de l’autre. Ce qui en retour permet d’améliorer la frappe. Un focus important est mis sur la connection entre le mouvement et la peur. Vladimir explique à quel point la peur parasite le mouvement et comment faire en sorte de la faire partir. Ces chapitres sont à lire très attentivement puisque tout les principes du systema sont là dedans et sont explicités et illustrés. De plus, les anecdotes de Scott Meredith éclaire avantageusement le discours et rendent la lecture agréable.

 

Une méthodologie pour améliorer sa frappe et la rendre efficiente 

 

Cette partie est le coeur du livre. J’ai été surpris de voir l’effort méthodologique qui a été fait. En effet, c’est réellement une progression qui est décrite pour apprendre à frapper selon la méthode systema. Tout un panel d’exercices pour comprendre comment la frappe va fonctionner, comment développer les outils, comment choisir les cibles en fonction de l’effet recherché. Puis vient le travail de réception et d’envoi de la frappe. Enfin, cette partie se termine sur l’utilisation fine de la frappe. Alors bien sûr, n’importe quel cours correct de systema propose le gros de ces exercices. Par contre, la vraie plus-value ici est l’explication à plusieurs niveaux du pourquoi de ces exercices en fonction de ce qu’on recherche.

La dernière partie réintègre l’importance de travailler sur les émotions via le travail de frappes

 

Enfin, en guise de conclusion, le livre revient sur l’importance de ce travail pour dépasser la peur, la vanité, l’ego… Bref le mental. Cette partie est courte mais vraiment pertinente. C’est ici que l’on voit que le systema amène au delà du combat pour travailler directement sur soi. Néanmoins, l’ensemble du livre montre bien que cette phase de combat est nécessaire pour développer les outils indispensables pour faire ce travail sur le développement personnel au risque de rester superficiel.

En conclusion

 

C’est peut être une spécificité française, mais de mon point de vue, Vladimir et Ryabko sont de plus en plus attaqués et critiqués dans le milieu du systema. De nouvelles tendances émergent profitant du travail qu’ils ont effectués pour créer une communauté systema et essaient de s’imposer par la critique du modèle précédent pour gratter quelques parts de marché (pas assez réalistes, inefficaces, pour les civils…). Ici, Vladimir sort un document montrant clairement qu’en plus d’être vraiment au dessus du lot par rapport à tous les émergents, il a réellement une compréhension profonde de ce qu’il fait. Cela montre également que lorsque l’enseignement du systema est structuré (peut être grâce aussi à Scott Meredith), il devient particulièrement limpide, ce que montre également Konstantin Komarov. Enfin, un truc qui semble être oublié, ce livre montre tout de même la masse d’heures de travail que cette discipline demande et qui est certainement une des raisons principales de la frustration qui amène à la critique de la discipline.

Pour terminer, je ne peux que recommander ce livre qui avec celui de Konstantin est réellement utile à n’importe quel pratiquant de systema désirant progresser et comprendre ce qu’il fait.

 

Le livre est disponible sur le site de Vladimir Vasiliev:

pour le commander

 

A bientôt!

Revue de Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

Aujourd’hui, je vais donner mon retour sur un manuel pédagogique:

Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

téléchargement

par Eric Henrion

J’ai commandé ce livre un peu par curiosité et parce que la littérature francophone sur la protection personnelle est rare. Je ne connais absolument par Eric Henrion, n’étant pas réellement impliqué dans le milieu de la protection personnelle en France, je ne savais donc absolument pas à quoi m’attendre en lisant ce livre.

Dans ce livre, l’auteur nous propose une méthodologie avec plan de cours intégrée pour enseigner la protection personnelle. Pour être plus précis, ce livre n’est « qu’un plan de cours » pour travailler la protection personnelle. En effet, au travers de 8 thèmes de protection personnelle concernant le pré, pendant et post-agression, l’auteur donne 8 plan de cours pour travailler chacune des huit thématiques.

Chaque plan de cours (comme un plan de cours bien fait quoi) contient des phases d’exercices ainsi que les débriefings avec les participants associés qui sont très bien détaillées et des objectifs recherchés clairement définis. De plus, quelques informations en annexe sont disponibles pour mieux expliquer les concepts travaillés dans chaque cours.

Clairement, la pédagogie ici est très « Do it yourself » orientée. Les participants ne sont pas assommés pendant le cours d’information et sont appelés à trouver eux mêmes des solutions face aux problèmes. Cette approche est séduisante et est connue en pédagogie pour donner d’excellents résultats. C’est donc un ouvrage précieux pour des groupes de travail ou des instructeurs d’arts martiaux ou sports de combats qui souhaiteraient donner une initiation à la protection personnelle.

Néanmoins, puisque c’est clairement un ouvrage pour pédagogue plutôt qu’un ouvrage informatif, mon opinion est que l’utilisation de ce livre sera potentialisée par les connaissances antérieures de l’instructeur. A l’inverse, ce livre montre également à quel point instruire un art martial et un sport de combat est loin d’instruire la protection personnelle…

Et justement, c’est cette pédagogie de la protection personnelle (en tous cas telle que présentée dans ce livre) qu’il est intéressant de discuter. Deux points me paraissent problématique dans ce type de pédagogie, bien que je ne vois pas de solutions simples à mettre en oeuvre. Tout d’abord, le groupe. Pour que ce type d’exercices soit profitable, il est nécessaire d’avoir une certaine capacité à jouer la comédie. Typiquement, un exercice où l’on se fait insulter, la personne qui insulte doit être suffisamment convaincant. Or, à moins d’avoir des acteurs, il est probable que les gens ne deviennent convaincant qu’avec le temps. D’où le premier problème, les gens risquent d’être habitués à cette situation théatrale et à leurs partenaires quand ils auront enfin quelqu’un de convaincant en face d’eux. Du coup, est-ce que le drill est toujours utile? Deuxième problème, même si le drill est bien pratiqué, combien de fois peut-il être utilisé pour que ça reste un drill utile et plus une pièce de théâtre? En effet, l’émotionnel et la gestion de l’émotionnel semblent primordiaux dans ce type d’entrainement. Moins la charge émotionnelle est là, moins la réponse sous stress sera intéressante. Du coup, comment inculquer cette réponse sous stress?

Des questions qu’il serait intéressant de traiter, et des avis de selfeux seraient très certainement intéressant. Néanmoins, ce livre, encore une fois, offre une très belle pédagogie, bien construite et mérite donc d’être lu par les instructeurs ou les pratiquants s’intéressant à la self-défense. D’autant que c’est le seul manuel détaillé en français.

Il reste donc selon moi à sortir un ouvrage entre Protegor et le livre de l’ACDS et ce livre d’Eric Henrion, qui proposerait à la fois une méthode d’enseignement et un contenu théorique suffisament riche et adapté à la méthode pour pouvoir guider les néophytes.

Avez-vous lu ce livre? Que pensez vous de la pédagogie mise en application dans des cours de protection personnelle?

The little black book of violence: what every young man needs to know about fighting

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Aujourd’hui je vais présenter un livre sur la protection personnelle venu des USA: « The little black book of violence« 

  • Présentation générale

Ce livre a été écrit par Lawrence Kane et Kris Wilder, deux pratiquants et  enseignants d’arts martiaux japonais qui se sont ensuite intéressés à la protection personnelle. Il a également été préfacé par le sergent Rory Miller et Marc « the animal » McYoung, deux références en protection personnelle aux USA. 

The little black book of violence est un livre de protection personnelle dont le principal objectif est d’écoeurer le lecteur  afin qu’il ne cherche en aucun cas à jouer les héros pendant une agression. Il s’adresse aux jeunes hommes entre 18 et 35 ans qui sont selon les statistiques les plus impliqués dans les agressions violentes. Les conseils donnés sont un mélange de bon sens et de retour d’expérience de différents acteurs confrontés régulièrement à la violence.

Le livre est construit de la manière dont je pense que n’importe quel livre traitant de la protection personnelle devrait l’être: en trois parties. La première partie sur la prévention des agressions, la seconde sur l’agression physique et la troisième sur les conséquences de l’agression.

  • Première partie: prévention de l’agression

La première partie reprend toutes les bases de la prévention. Toutefois, tout ce qui concerne le domaine de la préparation, comme les EDC (every day carry) ne sont pas traités. Néanmoins, je ne trouve pas que cela manque réellement… Les auteurs traitent donc des notions de vigilance, la notion de zone de confort et de langage non verbal servant à la marquer, le concept de désescalade, la prise de conscience que la situation  peut empirer et l’analyse de l’agresseur pour chercher d’éventuels signes de port d’armes. Les auteurs insistent lourdement sur le fait que fuir quitte à laisser l’ego en prendre un gros coup est la meilleure solution.

 Bien que pour la plupart des aspects pris en compte on soit dans du « classique », certaines astuces et l’écriture sous forme d’une « to-do list » fait de cette partie une bonne référence de la phase de prévention d’une agression. Il y a des petits exercices proposés tout au long de cette partie, en particulier sur la prise de conscience des états de vigilance ou la compréhension des notions de zone de confort et d’occupation territoriales qui sont très intéressants.

  • Deuxième partie: gestion de l’agression physique

La seconde partie traite du combat physique à proprement parler. Elle se découpe en deux sous-parties. La première traite des règles du combat au regard de la loi. En d’autres termes, problèmes de proportionnalité et de la subjectivité des témoins en termes de proportionalité de l’action (exemple du chapitre ne jamais frapper une femme qui vous agresse à moins qu’elle soit armée…). A noter que ce livre a été écrit par des américains et s’adresse à des américains. La loi n’est pas la même. Néanmoins, je trouve que les conseils donnés s’appliquent généralement bien à la législation française (d’ailleurs si une bonne âme voulait bien écrire un livre sur ce sujet, ça manque pas mal…).  La seconde partie traite de stratégies et de techniques de combat pour rester en vie. Là encore du classique mais bien découpé d’un point de vue écriture et surtout quasiment exhaustif sur les points importants dans ce cadre. Je citerai juste quelques uns de ces points: utiliser les mêmes « trucs » simples tant qu’ils marchent, éviter le sol, faire attention aux copains et savoir qu’on va être blessé. Là encore des anecdotes et quelques exercices sont proposés pour travailler cela.

Point amusant, comme je l’ai dit plus tôt, les auteurs sont issus des arts martiaux traditionnels. Ils proposent donc des solutions techniques issues de ces disciplines et les présentent en gi… C’est juste anecdotique parce que cette partie technique, comme souvent dans les livres d’arts martiaux ou protection personnelle est la moins intéressante. A l’heure des dvds, apprendre une technique en image est un peu dépassé je pense. Enfin, c’est presque une tradition de mettre quelques techniques en images dans ce type de livre…

  • Troisième partie: les conséquences

La troisième partie traite donc des conséquences.  Elle commence par un récapitulatif des choses à faire après un combat. Appeler les secours, chercher ses propres blessures, porter secours à l’agresseur éventuellement, témoigner en restant factuel et ne pas insulter l’agresseur après coup. Une attention particulière est également portée sur l’impact psychologique après une agression. J’ai beaucoup aimé le conseil de ne pas exagérer sous le coup de l’émotion durant la déposition sous peine de risquer d’être décrédibilisé pendant un procès.

Là encore, une liste classique plutôt exhaustive. Le point soulevé sur le fait que ce livre parle à un public américain se refait sentir puisque l’interaction avec les représentants de la Loi est encore une fois décrite et diffère selon les pays.

Impressions générales

 

Mon avis général: sans être une révolution dans le monde de la protection personnelle, ce livre a le mérite de récapituler tous les points importants à respecter quand on s’intéresse à ce domaine. Les auteurs ainsi que les différents intervenants qui ont préfacé et post-facé ce livre veulent faire rentrer en force le message que la violence doit être évitée à tout prix. Ce livre se base beaucoup sur des anecdotes très parlantes sur les différentes phases de la protection personnelle. Le style, pour moi, est un peu trop anxiogène et à l’américaine mais bon c’est adapté au message et sert à calmer d’éventuels cerveaux trop testeronés…

Le seul point négatif que l’on retrouve beaucoup dans ce style de livre est de savoir comment s’entrainer à ça. Quelques bons exercices sont proposés mais peut-être pas assez. Toutefois, ce problème sera en partie résolu dans le prochain livre de Rory Miller, que je reviewrai ici aussi.

Concernant le style, il est relativement accessible sans grosses notions d’anglais. Les auteurs se sont également amusés à citer à chaque chapitre de ce livre une phrase tiré de l’art de la guerre et du livre des cinq roues pour montrer que même il y a des siècles, les principes pour se tirer d’une agression étaient les mêmes.

En conclusion

 

En bref, je recommande chaudement ce livre pour son caractère généraliste et parce qu’il reprend tout ce qui est important dans la gestion d’une agression en protection personnelle.

Vous pouvez vous le procurez sur Amazon en suivant les liens suivants:

Version Kindle:

The Little Black Book of Violence: What Every Young Man Needs to Know About Fighting

Version papier:

The Little Black Book of Violence: What Every Young Man Needs to Know about Fighting by Lawrence A. Kane, Kris Wilder Published by YMAA Publication Center (2009)

 

Laissez moi votre avis si vous l’avez lu et à bientôt pour la revue du livre de Rory Miller: Drills: training for sudden violence.