Archives de catégorie : principes transversaux

La peur alliée ou ennemie dans nos pratiques ?

Bonjour à tous, dans ce billet nous allons discuter de la peur.

La peur est intimement liée au combat. On peut même dire qu’elle est à l’origine même du fait de vouloir combattre. En effet, la peur de quelque chose pousse à trouver une solution à ce problème pour que cette peur cesse. Le fameux « fight, freeze or flight » bien connu des aficionados de la protection personnelle montre que chacun a une réaction à la peur qui est pré-programmée. Dans nos disciplines,  l’idée première est de faire en sorte que l’on soit toujours en état de combattre. Par conséquent, un postulat communément retrouvé dans l’apprentissage est de faire en sorte que la peur ne nous atteigne plus. La question que je souhaite poser dans ce billet est de savoir si éliminer la peur, la considérant comme une ennemie est nécessairement la seule stratégie. Continuer la lecture de La peur alliée ou ennemie dans nos pratiques ?

Le rapport à la douleur dans les arts martiaux

Bonjour à tous! Dans ce billet, je vais parler du rapport à la douleur dans la pratique des arts martiaux et sports de combat. En effet, ce rapport est normalement central à nos pratiques puisque par nature, elles nous imposent de faire face à un moment ou à un autre à cette douleur. La définition officielle de la douleur donnée par l’association internationale d’études de la douleur est la suivante : « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes ». Je préciserais juste que dans ce billet, nous parlerons uniquement du cas de la douleur aïgue, définit comme « La douleur aiguë est liée à une atteinte tissulaire brutale. Elle est souvent associée à des manifestations neurovégétatives (tachycardie, sueurs, élévation de la pression artérielle) et à une anxiété. C’est un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour son intégrité. »

Vous la sentez la piqûre?

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La main pleine: le secret entre forme et fond

Bonjour à tous, j’ai décidé de faire une série d’articles sur les principes transversaux qui me paraissent intéressant dans la pratique des arts martiaux et sports de combat. Le premier article traitera de la main pleine.

Main pleine

 

La différence entre une technique qui marche et qui ne marche pas : le principe de la main pleine

 

Il y a quelques années, je travaillais sur des déstructurations du partenaire. Bien qu’elles marchaient, je n’arrivais pas à trouver la facilité avec laquelle l’instructeur qui était là démontrait. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que je n’avais pas la main pleine. Après avoir travaillé sur cela, tout ce que je faisais était plus propre, avec beaucoup moins de force parasite. Le concept de main pleine est devenu centrale dans ma pratique. En échangeant par la suite avec plusieurs autres professeurs ou pratiquants de bon niveau mais de disciplines différentes,  j’ai pu constater que ce qui faisait une grosse différence entre leur niveau respectif était cette présence dans la main.

Une différence entre forme et fond

Je suppose que vous connaissez tous cette impression quand vous voyez un expert se déplacer ou faire quelque chose et un simple pratiquant qui fait la même chose qu’il y a un problème. Au départ, on a tendance à singer un mouvement plutôt que de le vivre. Autrement dit, l’expert va exécuter une volonté d’action tandis que la volonté d’action du pratiquant sera au départ celle d’imiter la forme que prend l’action de l’expert. D’un point de vue contrôle moteur, ça a une énorme importance. En effet, grossièrement, reproduire un geste demande de s’appuyer sur une image mentale consciente et de retranscrire ça dans le corps. Dans ce cas, la conscience est parasitée par la concentration demandée pour reproduire le mouvement. A l’inverse, avoir la volonté d’exécuter une action laisse la liberté au corps de se placer comme il veut. En effet, la conscience est seulement focalisée sur l’action. La différence en termes de sensations est extrêmement nette.

Qu’est-ce qui fait cette différence de sensation ? Mon analyse est que dans le premier cas, on va solliciter des muscles inutiles à l’action pour permettre la reproduction de l’image mentale du mouvement à effectuer. Dans le second, le corps va s’adapter pour être le plus efficace possible dans la résolution de l’action.  Ceci est la première différence importante.

 

La sensation de la main pleine

Comment sentir la différence entre une saisie normale et une main pleine ?

Prenez un verre par exemple. Attrapez-le. A la fin du mouvement, vous allez sentir que le verre est réparti à priori sur les doigts et la paume. Maintenant reposez le verre. Vous allez évidemment l’attraper mais ce qui m’intéresse c’est que vous focalisiez l’action sur le fait de l’avoir dans la main. Là, si vous faîtes l’exercice correctement, vous devriez sentir que le verre est réparti dans la main et même pèse sur le poignet. La sensation de main pleine est là-dedans.

Lorsque vous saisissez un poignet, un bras, un cou, lorsque vous poussez ou que vous frappez, cherchez à retrouver cette sensation. Vous aurez alors cette sensation que vous êtes plus dense dans vos actions. Votre puissance et votre relâchement seront augmentés. Vous irez également créer des effets beaucoup plus profonds sur la structure de votre partenaire.

L’extension au corps entier

Après cela, vous verrez rapidement l’envie d’étendre cette sensation dans le corps entier, au moindre contact. Vous gagnerez ainsi directement un accès à la structure du partenaire. Vous vous sentirez également beaucoup plus présent dans vos actions.

Pour travailler cela, faites vous saisir par exemple l’avant bras. Cherchez ensuite à maximiser la zone de contact de l’avant-bras avec les mains du partenaire. Lorsque le contact est maximal, vous devriez sentir une grande liberté de mouvement du bras malgré la saisie. Quand la sensation est entrée, reproduisez là sur tous types de saisies puis commencer à la générer en poussant poing fermé ou avec le pied.

Conclusion

 

Cette sensation de main pleine est pour moi un des principes transversaux des arts martiaux qui peux servir autant dans les styles durs que souples, en lutte et en frappe. Egalement dans les déplacements. Il y a évidemment une explication physiologique à cette sensation et aux effets qu’elles permet de générer. Néanmoins, pour atteindre cette sensation, l’absence de perturbation de la conscience étant nécessaire, il ne me paraît pas opportun d’en parler dans ce cadre là.

Voilà donc le premier principe transversal qui m’intéresse. Je parlerai dans l’article suivant de chaînes musculaires.

Et vous, connaissiez-vous et travaillez-vous ce principe?

A bientôt

Taxam