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Ne pratiquez pas pour la self défense

Aujourd’hui, j’ai fait le choix d’écrire un article un peu polémique sur une des raisons majeures pour laquelle les gens viennent dans les arts martiaux et les sports de combat, la self-défense. Pourquoi ? Parce qu’en moins d’une semaine c’est la quatrième fois que j’ai la conversation avec plusieurs personnes différentes…La self-défense est la recherche d’une efficacité en combat pour neutraliser un ou plusieurs agresseurs physiquement. Je différencie donc cela de la protection personnelle qui est une démarche plus globale pour se maintenir en sécurité.

La self-defense est la raison majeure de débats enflammés sur quel est l’art martial le plus efficace, sur le fait que le MMA c’est le meilleur moyen de se défendre et que le reste sert à rien etc… Je ne traiterai pas dans ce billet de la peur qui mène à la recherche d’une self-défense et du moyen de la traiter, je fais simplement rester sur l’aspect purement combat de cette notion. Néanmoins, le fait que j’ai cette conversation aussi souvent avec des gens qui cherchent à se rassurer montre bien qu’il faut prendre le problème à la base : la peur.

I- La réalité d’un engagement à un niveau léthal

La recherche de l’entrainement le plus approprié pour être efficace en combat est parfois une obsession. On trouve ainsi des gens changeant de clubs tous les six mois pour trouver un truc plus ultime que le précédent. On a les adeptes des coups vicieux qui ne peuvent pas s’y entraîner réellement pour raisons de blessures sérieuses possibles et ceux qui disent qu’il n’y a que les sports de combat qui préparent à la self parce qu’il y a du sparring. On m’a récemment sorti cette plaisanterie qui m’a-t-on dit vient des forces spéciales russes, même si 1, je ne sais pas si c’est vrai, 2 s’applique de toute façon à tous les guerriers professionnels actuels :

Quand un soldat utilise-t-il le combat à mains nues dans l’armée :

  • Si le soldat a perdu son unité
  • Si le soldat a perdu son arme à feu
  • Si le soldat a perdu son couteau
  • Si le soldat a perdu son casque, sa ceinture, son gilet ou quoique ce soit d’autre qu’il pourrait utiliser comme une arme
  • Si il se trouve dans une zone sans cailloux, branche d’arbre, bout de métal, ou objet de ce type
  • Si il se retrouve face à un autre idiot qui s’est retrouvé dans la même situation que lui…

Bien que partant d’une plaisanterie, ce petit texte pointe à quel point le postulat de base, qu’une discipline de combat à mains nues puisse être une réponse à un combat où notre vie est réellement mise en danger, est juste non pertinent. D’ailleurs, je tiens simplement aussi à rappeler une différence entre guerrier et combattant. Un combattant combat, un guerrier fait la guerre. Pas les mêmes objectifs ni les mêmes enjeux. Une agression avec un enjeu vital se traite à un niveau d’engagement léthal. A ce niveau, ce sera le mieux armé qui gagnera 9 fois sur 10, même sans avoir jamais pratiqué quoique ce soit.

 

II- La meilleure pratique pour survivre à une agression où notre vie est en jeu?

 

N’oublions jamais que si on cherche tant à développer des armes de plus en plus perfectionnées et du matériel de combat de plus en plus performant, c’est parce qu’il est plus rentable et léthal d’armer quelqu’un que de l’entrainer pendant des années pour un pic d’efficacité qui durera à peine une dizaine d’années, comme un pratiquant de sports de combat par exemple. J’ai eu l’opportunité de rencontrer Tom Duquesnoy, combattant à l’UFC. Simplement le voir bouger montre à quel point il est dangereux en combat. J’ai réellement était impressionné par ses capacités physiques.

Tom en action: puissance, précision, technique, un athlète professionnel

Cependant, toute sa vie est consacrée à cela. Si sa préoccupation était la self-défense et non pas gagner des titres, ce serait une pure perte de temps… Or, si vous voulez atteindre un tel niveau d’efficacité et que la compétition ne vous intéresse pas, ça demande de sacrifier 4 heures par jour d’entrainement, 5 jours sur 7, d’avoir un rythme de vie hyper sain, une alimentation optimisée et aucune autre source de fatigue parasite pour être au top tout le temps… Et là encore, combattez un type un peu vif avec un cutter et je ne parierai pas forcément sur vous… Et encore, si vous arrivez à la phase de combat et que vous n’avez pas été ouvert avant.

Voilà donc la question qu’il faut réellement se poser si la self-défense est votre vrai soucis principal, quel est l’arme la plus léthale, la plus pratique, la plus simple à obtenir, la plus discrète et la moins nécessiteuse en temps d’entrainement pour éliminer une menace qui s’en prend à nous…

Best black/ champion’s belt ever

 

C’est à ce moment-là qu’on perd la plupart des gens qui découvrent que leur question relève plus du fantasme de toute puissance que d’une problématique réelle (ou alors il y a peut être un penchant psychopathe).

Stéphane Edouard, un sociologue connu, dit un truc intéressant : le passage à la vie adulte chez l’homme se ferait quand il ne rêve plus d’être un super-héros. Le passage chez la femme se ferait différemment selon lui mais ici ce n’est pas l’endroit pour en discuter (ni la période :P). Donc pour mettre tout le monde d’accord, vous voulez survivre ? Ne faîtes pas de disciplines de combat à mains nues si vous souhaitez avoir une vie à côté…

 

III- La meilleure pratique pour briller en combat ?

 

Voilà en fait souvent la vraie question que l’on se pose quand on cherche l’efficacité. Comment s’assurer une victoire propre, sans conséquence et s’assurer la gloire et l’admiration de l’assistance. Dans un contexte honorable évidemment, à savoir, un bon petit duel. Dans ce cas, un truc qui vous donnera du cardio, pas de peur des coups, un mental imperturbable, beaucoup de force et des copains pour éviter que trop d’éléments perturbateurs s’en mêlent.

Bonne chance au mec de 70 kg qui lui tentera un gauche droite crochet uppercut ou un génital gorge…

En fait, faites du rugby… ça couvrira 95 % des besoins… Et si vous ne tombez pas sur le champion national d’un sport de combat quelconque, ça devrait passer tranquille. Il faut garder en tête qu’une légère différence de puissance se compense uniquement par une grosse différence technique. Teddy Riner est la preuve vivante de cela. Sa puissance fait qu’il est intouchable, pas sa technicité en judo.

(image originale: http://la1ere.francetvinfo.fr/mondiaux-judo-budapest-teddy-riner-emilie-andeol-deux-medaille-venir-507027.html)
Il faut vraiment que j’explique?

De même, les catégories en sports de combat se font parfois avec une différence de 5 kilos seulement !

Ou alors utilisez votre cerveau et ne combattez pas. Plus simple, moins de conséquences et sa fait travailler sur l’ego… Ah non, ça va pas avec mon titre de paragraphe…

IV- Quelle pratique pour la self-défense ?

 

Comme on peut le voir, la pratique n’est pour moi pas pertinente dans le cadre de la self-défense. Néanmoins, je vais nuancer ces propos. Toute pratique sportive donnera des chances en plus. La compréhension du corps, le sens des équilibres la stabilité mentale sont autant de capacités importantes en cas d’agression. Et surtout, la capacité d’adaptation. Certains penseurs des sports de combat suggèrent que la vie c’est comme dans la cage et que donc la cage permet de modéliser la vie. A l’inverse, je cite un simplet qui dit que la vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais ce qu’on va y trouver. Pourtant, c’est avec ça qu’on doit se débrouiller. Et pour citer un instructeur adepte de la finesse : Embrace the suck. Voilà ce que doit développer une pratique martiale, une capacité de résilience. Cependant, la self-défense ne doit pas être la recherche finale, le risque étant de conditionner toutes les réponses à ça et donc se fermer sa capacité d’adaptation.

En plus de ces capacités, le seul vrai levier non aléatoire qui est à notre disposition pour reprendre l’avantage sur une agression est la bonne gestion de la phase avant l’agression physique. Sujet traité par la protection personnelle et qui permettra de vous donner un avantage sur l’agresseur avant l’agression. Pour cela il faudra user de qualités tactiques, psychologiques et de conscience qui vous permettront de regagner l’initiative sur l’agresseur pour être dans la capacité de faire un maximum de dégâts le plus vite possible (et de déployer ce qu’il faut pour le faire). En gros, une approche de type combative. Pas vraiment une surprise puisque conçus pour cela…

 

Conclusion: pourquoi pratiquer ?

 

Pour sa santé, pour la culture, pour se faire plaisir, pour être avec des gens sympas ? Assumer les raisons de sa pratique est important pour progresser. Il ne faut pas les nier mais au contraire les assumer pleinement. La raison principale d’une inscription dans un club quelconque doit être avant tout de se faire plaisir. Et si réellement, la peur est votre motivation réelle, une première piste est dans cet article que j’ai écrit sur la protection personnelle.

N’hésitez pas à me laisser votre avis et à bientôt !

Yvan

Intérêt des vidéos d’arts martiaux

Facebook est une source illimitée d’inspiration pour l’écriture d’articles. Alors que la critique de vidéos était pendant un moment confinée à certains forums d’arts martiaux spécialisés qu’il suffisait d’ignorer pour ne pas avoir à subir les éternelles analyses brillantes de spécialistes auto-proclamés, Facebook aujourd’hui nous les balance directement (et les commentaires qui vont avec). Certes, je pourrais toujours envisager de ne pas aller sur Facebook, et ça ferait vachement pro de la sécu perso, mais ce serait jeter le bébé avec l’eau du bain.

Je vais donc discuter aujourd’hui de l’intérêt de la vidéo et l’inintérêt de donner un avis non étayé et rempli de banalités aussi inutiles qu’ennuyantes.

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Un retour sur un stage de systema avec son fondateur Mikhail Ryabko

Bonjour à tous,

Voici un article que j’ai écris sur le site www.systematoulousecentre.com sur le stage donné par Mikhail Ryabko à Amsterdam sur les espaces confinés début octobre.

C’était la première fois que je voyais Mikhail et j’ai ainsi pu travailler directement avec lui. Cela m’a permis de me faire ma propre idée sur ce qu’on voit de lui en vidéo et m’a conforté dans ce que je pensais. Point de magie, simplement des schémas moteurs totalement différent lui permettant d’être difficilement lisible. Ce qui est la marque des meilleurs experts dans les arts martiaux ou sports de combat ou sports tout court d’ailleurs!

Bonne lecture!

Yvan

Les psoas-iliaques, siège de l’âme ?

Bonjour à tous, aujourd’hui on va parler psoas et stress.

Dans ce billet, je vais parler somatisation et nettoyage de la psychée par le physique. Ce que j’aime dans la pratique du Systema, c’est le travail qui se fait sur la psychée en passant exclusivement par des approches corporelles et respiratoires. Plus j’avance là-dedans, plus je m’intéresse à la santé préventive par le nettoyage des somatisations. Continuer la lecture de Les psoas-iliaques, siège de l’âme ?

Débutants, anciens, gradés, certifiés et poudre aux yeux dans les arts martiaux

En cette rentrée, je vois fleurir les annonces pour les différents clubs et ce qui me frappe, c’est les CVs, vraiment impressionnants pour un débutant! Un nombre de diplômes, de Dan, de certifications et autres degrés sur le CV à faire palir une ancienne Garde des sceaux. Cet article n’a pas pour objet de faire une critique de ces méthodes commerciales qui m’indiffèrent mais elle m’a fait penser aux problèmes que peuvent causer dans les cours ces « anciens » « surdiplômés » aux nouveaux. Cet article a pour but de décomplexer un peu les débutants pour faire face à ces « experts ».

Master Ken, 11eme dan, votre prochain partenaire d’entraînement

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Les bases du systema : trois ans avec Konstantin Komarov

Bonjour à tous,

 

aujourd’hui, je fais ce billet pour renvoyer  à un très long article que je viens de publier sur le site de mon club: l’ADDAM. Dans cet article, je fais un retour de mon expérience de trois ans de travail passés avec Konstantin Komarov, sur sa méthodologie d’apprentissage des bases du systema.

Au cours de ces trois années, j’ai suivi sur la base de son livre, ma méthodologie du systema, l’enseignement de ce nom reconnu du systema. Le deal avec lui était de travailler sa méthode pendant trois ans et de lui faire des retours écrits ou vidéos entre chaque séminaire qu’il venait donner. Cette méthode a porté des fruits très intéressants même si sur le coup, je n’avais pas perçu toute la logique de la chose.

Ayant fini la formation et avec ces trois années de recul, j’ai désormais une vue d’ensemble sur ce qu’il nous a proposé. J’ai donc voulu poser sur papier mon interprétation de la méthode de Konstantin Komarov qui montre pour moi tout l’intérêt d’avoir une approche logique dans l’apprentissage du systema.

Cet apprentissage passe par les phases suivantes: la respiration, le sol, la lutte et le déplacement, les poussées, les frappes et le travail libre.

Vous pouvez donc lire ce long article ICI mais le commenter sur le blog de l’observatoire des arts martiaux!

A bientôt!

Taxam

L’enseignement dans les arts martiaux : cherche-t-on réellement l’autonomie dans la pratique?

Petite réflexion sur l’enseignement après avoir pratiqué avec quelques pratiquants de longues dates et vu quelques stages récemment. Est-ce que l’enseignement des arts martiaux cherche réellement à rendre le pratiquant autonome ? Par autonome, je ne parle pas de capacités combatives particulières mais d’une capacité à comprendre seul ce que l’on pratique et encore mieux, être capable de s’entraîner tout seul.

Je vais raconter deux anecdotes pour illustrer ce que je raconte. Chacune de ces anecdotes interroge sur la volonté, volontaire ou non, de laisser les élèves dans le flou.

I- Tenir l’évidence cachée lors de l’enseignement pour conserver une supériorité technique

 

Je pratiquais avec un pratiquant suivant l’enseignement d’un art martial traditionnel. Il essayait d’exécuter un mouvement clairement faux. Par faux, je veux dire que mécaniquement, ce mouvement était un non-sens. Dans ce travail, je n’étais pas en opposition mais simplement honnête dans le travail. Evidemment, ce qu’il faisait ne marchait donc pas. En lui corrigeant son mouvement avec une correction mécanique évidente, son mouvement s’est mis à marcher. Il était content. Je l’ai revu quelques temps plus tard. Il m’a dit qu’il avait montré le mouvement à son maître. Ce dernier lui avait dit qu’il ne fallait pas le montrer parce que c’était un secret d’école…

Paye ton suivi pédagogique…

Une telle remarque est pour moi proprement scandaleuse. Soit on est un enseignant et on cherche à rendre ses élèves capables d’être autonomes dans ce sur quoi ils se sont engagés à plusieurs niveaux pour apprendre, soit on est un gourou qui cherche à garder des clients. La rétention volontaire d’information ne me gêne pas si elle est clairement annoncée ou au moins si elle permet de faire correctement ce qui est montré. Là j’avais en face de moi quelqu’un qui perdait du temps et de l’argent à essayer de faire un truc faux. Avec ce type de comportement, on comprend mieux pourquoi il n’y a que quelques représentants corrects des écoles traditionnelles.
On ne peut même pas dire que c’est de la rétention d’information par omission puisque ces écoles ont des éducatifs où le placement de chaque segment de corps au cm près peut-être corrigé par le maître…

II- Manque de méthodologie dans l’enseignement

 

Deuxième anecdote, je regardais un stage d’art martiaux du sud-est asiatique. Sans mentir, pendant 45 minutes, l’instructeur montrait strictement toujours la même chose en rajoutant un ou deux coups de poing dans un enchaînement de plus en plus long. Cet enchaînement était appelé série technique. Un classique dans les arts martiaux philippins et indonésiens. Le terme série technique pourrait signifier qu’il y a une forme de pédagogie. Ben non. C’est juste une série de mouvements techniques au premier degré. Pas réellement de logique, pas de principes communs. Rien. On aurait pu dire que c’était un stage et donc que c’était pour montrer quelques mouvements. En ce qui me concerne je ne vois pas trop l’intérêt mais pourquoi pas…
Mais non. Le but de ces stages était de former des instructeurs capables d’enseigner dans leur groupe de travail. Donc ces futurs instructeurs n’avaient rien d’autre que des mouvements creux à répéter. Pas de logique, ni de liant à part dire que c’est la série technique X…

Autrement dit, ils seront toujours dépendants de leur instructeur pour apporter de la nouveauté.

III- Absence de stratégie pédagogique dans l’enseignement

 

Ce cas-là est à la fois plus problématique mais aussi plus gênant. Ici c’est plus une non-anecdote que j’ai à raconter. C’était il y a quelques années lors d’un stage de self-défense. J’étais allé à ce stage pour trouver des outils et des situations pédagogiques pour travailler l’aspect de la prévention de l’agression. Ceci était au programme du stage et le stage était sensé se diviser en pré-agression et travail de self pur sur l’agression qui ne m’intéressait pas. Au final, la partie pré-agression a duré 15 minutes, la partie agression 3 heures…
La majorité des gens (pas tous !) avec qui j’ai discuté et qui ont participé à des stages de self se sont retrouvés dans la même situation. En creusant un peu, eh bien il semble que ce soit les situations pédagogiques qui manquent pour travailler là-dessus.
Problèmes en self défense, 99% du temps devrait être consacré à ça…

Conclusion

 

Alors que faire ? En sport, il y a des stratégies pédagogiques très pointues et très facilement accessible. Les prévôts de boxe par exemple sont capables de former des boxeurs en quelques mois qui pourront être autonomes dans leur entraînement de base. Ils pourront même devenir des combattants redoutables.
Attention, je ne dis pas que la formation d’animateur sportif est nécessaire pour enseigner (pour en avoir suivie, le contenu est mal délivré et la difficulté est tellement basse qu’un titulaire d’un de ces diplômes n’équivaut absolument pas à un pédagogue…). Néanmoins, les sciences du sport et de l’éducation ont énormément à apporter aux arts martiaux qui se basent sur une transmission largement obsolète (si le but est de transmettre au plus grand nombre évidemment). Savoir construire une logique de progression, des éducatifs, définir les problématiques et comment les résoudre est un minimum lorsqu’on enseigne. Si les instructeurs prenaient le temps de faire cela, le niveau global serait bien plus élevé et surtout, les élèves pourraient bien plus facilement s’améliorer et s’étalonner.
Néanmoins, je serais curieux de connaître votre sentiments sur comment votre transmission se déroule !

A bientôt

Taxam

Les stratégies de chute par Yaejin Moon, MSc et Jacob J. Sosnoff, PhD

Bonjour à tous, voici un petit article sur une étude qui a analysé les différentes façons d’exécuter une chute.

Introduction

 

La gestion de la chute est un point commun à quasiment toutes les pratiques martiales voire même la plupart des pratiques sportives.

 

Chaque style martial possède sa propre stratégie pour gérer la chute au mieux. Cette stratégie dépend bien-sûr beaucoup des préoccupations techniques et tactiques du style en question.

Ces différentes stratégies de chute intéressent les professionnels de la santé puisque les chutes sont une cause majeure de morbidité chez les personnes âgées. Bien que de nombreuses stratégies de prévention existent pour limiter la chute, l’enseignement de techniques pour chuter est encore peu développé. Dans l’article dont je vais parler aujourd’hui, les auteurs ont cherché quelles sont les techniques de chutes permettant la réduction la plus significative de l’impact au sol. Pour nous, pratiquants, cette étude est intéressante puisqu’elle compare de façon objective différentes techniques (rares dans les arts martiaux…).

Pour cela, ils ont réalisé une méta-analyse sur les différentes études publiées sur le sujet et les ont comparées pour obtenir une réponse à cette question.

Méthodologie pour la comparaison des différentes stratégies de chutes

 

380 études ont été intégrées à cette meta-analyse. Les différentes chutes ont été comparées ainsi. Les stratégies de brises-chutes depuis la position debout contre les réflexes naturels mis en place lors d’une chute ont été comparées.  Les directions analysées sont les chutes sur l’avant, chutes sur l’arrière, chutes sur le côté. Pour chaque cas, l’énergie subit par la partie du corps qui heurte le sol a été mesurée.

Les différents types de chutes considérées dans cette étude

(Safe landing strategies during a fall: Systemic review and meta-analysis- Yaejin Moon, MSc et Jacob J. Sosnoff, PhD)

Les résultats principaux

 

Les analyses par direction de la chute sont les suivantes. Pour la chute arrière, squatter avant la chute semble être la stratégie la plus intéressante. la réduction de l’énergie à l’impact atteint 44 % . Pour une chute avant, une flexion des bras permet de largement réduire l’impact de la chute (jusqu’à 40 % en fonction de la partie du corps). Lors des chutes latérales, c’est la rotation du buste lors de la chute qui semble être le plus efficace. Les chutes latérales façon arts martiaux sont curieusement moins efficaces.

De façon étonnante, la fameuse chute latérale de judo avec le brise-chute en claquant le bras au sol ne semble pas être réellement intéressante. En effet, aucune réduction de l’impact significatif n’a été enregistré. La relaxation musculaire et la roulade latérale sont bien plus efficace puisqu’elles amortissent jusqu’à 30 % de plus.

Conclusion

 

Dans cette étude, sept stratégies de chutes ont été comparées pour tester leur efficacité dans la prévention de l’impact de la chute. Parmi ces sept, seule le brise-chute latéral semble peu efficace. Toutefois, le brise-chute est plus utilisé lors des projections qui ne sont pas prises en compte ici. Les six autres stratégies améliorent de façon importante la réception à l’impact. La roulade, la relaxation et les stratégies permettant de ralentir la chute sont les plus efficaces. Il est donc intéressant de travailler spécifiquement ces stratégies de chute pour diminuer les traumatismes liés aux chutes lors des entrainements.

L’article est disponible ici

Et vous dans votre école, quelle est le style de chute privilégié?

Interview de Guillaume Morel: Protegor

Aujourd’hui, je suis ravi de vous présenter cet interview de Guillaume Morel, co-auteur du manuel référence de la sécurité personnelle française, Protegor et auteur du blog Protegor.net.
Il fait partie des diffuseurs majeurs de cette thématique mais aussi des arts martiaux en général au grand public en France. J’ai contacté Guillaume pour la première fois quelque temps après la publication de Protegor dont la qualité pour un livre dans le domaine des arts martiaux me semblait bien supérieure à peu près tout ce qui s’est fait jusque là. Depuis, je n’ai eu de cesse d’insister pour qu’il donne un stage Protegor chez moi, à Toulouse. Nous avons enfin pu y arriver à l’occasion de la sortie de la nouvelle version de Protegor qui sort fin Mars.
J’en ai profité pour lui proposer une interview à laquelle il a gentiment accepté de répondre. Je vous la présente ici!

Guillaume Morel, co-auteur de Protegor

Bonjour Guillaume et merci d’avoir accepté cette interview. Tu es depuis longtemps dans les arts martiaux où tu as participé et monté de nombreux projets dont le fameux Protegor. Toutefois, tu es au final assez discret en tant que pratiquant et enseignant. Peux-tu nous décrire un peu ton parcours ?

 

J’ai commencé les arts martiaux quand j’étais adolescent, à 12 ans. C’était du Karaté à l’Ecole Clermontoise de Karaté (Stade Clermontois), avec Pierre & Marie Damoiseau. Ca a été une véritable révélation et passion, je vivais Karaté 24/7, j’ai passé ma ceinture noire à 16 ans et mon 1e dan à 18 ans (âge minimum « légal » à l’époque), et j’étais champion régional en combat et en kata. Mais aux championnats de France, c’était pas ça.

Sans regret, la compétition m’a plu mais c’était un passage pas une finalité. Fin des années 80, début 90, il n’y avait pas internet encore, j’achetais tous les magazines, les livres, j’étais abonné à des magazines US (Black Belt, Inside Karate, Karate International, etc.), je commandais du matos chez AWMA ou Century… totalement accroc, et des parents compréhensifs sur ma passion. J’ai quitté Clermont pour mes études, je suis allé à Bordeaux, et le club de Karaté où je me suis inscrit ne m’allait pas. Je suis passé au Taekwondo, avec Me Han Chun Tec. J’ai essayé une compétition une fois, bon j’ai perdu, trop de réflexes de Karateka. Mais j’ai bien aimé le TKD (j’aime vraiment TOUS les arts martiaux il faut dire) et Me Han.

Internet venait d’arriver, j’avais tissé des relations web avec Steven Heyl, qui tenait Doshin Martial Arts Supplies à Los Angeles. Steven suivait des cours avec Me Kubota (le fameux, celui qui a inventé le Kubotan). J’avais moyen d’accéder à Me Kubota. J’ai écrit à Karate Bushido et je leur ai proposé un article « à distance ». Ils ont trouvé l’approche amusante et m’ont donné le feu vert. Je suis alors diplômé de mon école, et avant de me jeter dans le monde du travail, avec deux potes, on décide de partir en backpack en Chine pendant deux mois. C’était l’été 1998. Super aventure, pendant laquelle j’ai rencontré un professeur de Tai Ji (Me Ma Kaiyi) et fait de belles photos, et puis j’ai lâché mes potes pendant 2 semaines pour aller à Shaolin pour essayer le Kung-Fu. Ce fut une aventure exceptionnelle. Au retour de Chine, je m’installe à Paris pour chercher un boulot, et j’en profite pour débarquer à la rédaction du magazine, avec mes photos de Ma Kaiyi. J’ai immédiatement sympathisé avec Patrick Lombardo, et suis allé m’entraîner dans son club de Pankido. J’ai alors fait le site web du magazine et des articles pendant des années. Je travaillais pour une boîte de conseil, pile en face de la rédaction du magazine, dont j’avais les clés pour venir la nuit y bosser après mon vrai boulot.

Ado, j’adorais m’amuser avec un balisong, et je connaissais les bouquins américains sur le sujet, j’ai donc proposé à Karate Bushido de faire un livre sur le sujet puisque rien n’existait en France. Ils m’ont encore une fois fait confiance et le livre s’est super bien vendu. J’avais 24-25 ans. Puis je suis parti à Los Angeles une semaine avec Johann Vayriot, l’actuel photographe de Karate Bushido… on avait 2 contacts là-bas, aucune idée de ce qu’on arriverait à y faire, on est parti sans le dire au magazine et sur nos deniers personnels. La semaine fut hallucinante, on est revenu avec des articles sur Benny Urquidez, les frère Rhee (Best of the Best), les frères Machado (BJJ), Jimmy Pham (à l’époque la star des kata artistiques), Ernie Reyes Jr. (une référence aussi à l’époque), etc. un vrai American Dream. En 2001, le magazine m’envoie avec Johann à Shaolin pour faire un livre sur le Kung Fu.

Eté 2002, je pars m’installer à Pékin pour suivre une formation sponsorisée par l’Union Européenne pour former des managers au marché chinois. J’y resterai 15 mois. Je vis à Beiwai (Université de Langues Etrangères de Pékin) et la professeur de Wushu de l’Université est alors la petite copine de Jiang Bangjun, le double champion du Monde de Changquan, élève de Wu Bin (le prof de Jet Li). On sympathise très vite, je suis ses cours de Changquan à la fac, et organise la venue de Jiang & WuBin (et une équipe de Wushu) pour les Festival des Arts Martiaux de Bercy 2003. Quand je reviens à Paris, je pratique moins et le sujet de la self-défense qui m’attirait depuis longtemps (je prenais pas mal de notes depuis des années) devient prédominant. J’ai aussi repris contact avec Scott Brennan (instructeur de Kali hoplophile qui avait fait les premières vidéos sur le Balisong aux US) avec qui j’avais échangé pendant la rédaction de Balisong. Scott est désormais policier près de Seattle, je vais plusieurs fois chez lui (et teste grâce à lui le port d’arme légal en société… expérience intéressante que je ne défends pas pour la France, mais qui fait réaliser certaines choses), il vient en France, on échange beaucoup. Je me suis inscrit à un club de tir à Paris, et j’y vais régulièrement. Je sympathise avec un gendarme à qui j’ai acheté un pistolet et il me sort du tir à 20 mètres traditionnel pour des choses plus tactiques.

Je vais à des stages de self. Je découvre le Systema avec Jean-Michel Leprêtre avec qui j’avais un ami commun. Puis c’est à un stage de l’ACDS avec Fred Perrin que je rencontre Fred Bouammache, mon co-auteur sur Protegor. Il vient vers moi et me parle du livre sur le Balisong. Fred adore lire et écrire, il intervient beaucoup sur les forums (Kwoon.info, DavidManise) de manière très pertinente, on s’entend immédiatement et rapidement vient l’idée de se relancer dans une aventure de livre. La rédaction prendra un an. En parallèle, mon boulot a évolué, je bosse comme consultant chez Canal+ et j’ai accès aux équipes de Canalsat. Je leur propose, avec Jean-Paul Maillet, un dossier de chaîne sur les arts martiaux, baptisé komba.tv. Le dossier mettra 4 ans pour voir le jour et c’est Altice qui lancera la chaîne sous le nom Kombat Sport. Voilà les grandes lignes d’un chemin de passions arts martiaux & médias.

Parmi tes multiples projets, tu as co-écrit le livre protegor et tu es également l’auteur du blog protegor.net. La survie urbaine et la sécurité personnelle sont centrales dans ces cas-là. Qu’est-ce qui t’as poussé vers cette branche ?

 

J’adore les livres d’arts martiaux, j’en ai des centaines, un truc de malade. Mais j’étais souvent déçu par les manuels de self-défense qui étaient des recueils de séries techniques. Et rapidement, quand on se penche sur la self, on se rend compte qu’il y a plein de choses à faire dans la phase amont, juste avant que le premier coup ne parte. Quand tu commences à creuser cette partie (la communication avec l’agresseur, la dissuasion, etc.), tu te rends compte que beaucoup de profs l’évoquent mais qu’il n’y a pas autant de technique et de pédagogie sur cet aspect-là que sur la partie self-défense technique pure. La chose est en train de changer, mais beaucoup d’enseignants de self ne se concentraient que sur la partie violente, pas sur tous les autres aspects d’une agression… Du coup il y a des tonnes de méthodes, de principes, de techniques de self-défense pour l’agression elle-même, mais les parties juste-avant et juste-après me semblaient trop souvent absentes des cours, et pas assez élaborées, étudiées, structurées, décortiquées, expliquées, etc.

En structurant le livre Protegor, on s’est dit qu’on voulait être plus exhaustif et plus large que la self technique, d’où une structure avant-pendant-après. Le avant c’est la « sécurité personnelle » qui couvre le « juste-avant » mais aussi plus largement les principes pour être prêt bien avant qu’une agression se profile… Ne pas ressembler à une victime, l’attention à porter à son environnement, les accessoires de défense à avoir sur soi, etc… On a creusé le sujet pour essayer d’apporter une vraie réflexion sur ces très nombreux paramètres qui font que tout simplement l’agression n’aura pas lieu (car on ne sera pas là, ayant pu l’éviter). Et il y a encore plein de choses à creuser là-dessus.
Puis la « survie urbaine » a été le nom retenu pour le « après l’agression », car il est important aussi dans sa préparation d’avoir un entraînement aux 1e secours, d’avoir conscience de ce qu’est un état de choc, à réagir sainement avec les forces de l’ordre, à savoir se protéger juridiquement, etc. C’est aussi dans cette partie que nous touchons aux situations extrêmes qui ne sont pas de l’agression de self-défense traditionnelle… comme les attaques terroristes par exemple, ou les catastrophe naturelles.

La motivation à creuser tous ces aspects c’est de gérer un sujet dans son ensemble et la compréhension de la valeur que peut créer la « cross-fertilisation », c’est-à-dire le mélange des expertises. Je suis contre l’hyper-spécialisation (en tous cas quand elle crée des œillères et empêche de s’ouvrir à d’autres sujets) et pour la recherche de la polyvalence & de l’adaptabilité. J’aime beaucoup Xavier Maniguet (auteur de Survivre) par exemple, car il était pour moi un modèle de cette polyvalence. Pour moi, un pratiquant d’arts martiaux (car c’est de la que je viens, ma pratique d’enfance) doit logiquement s’ouvrir aux autres disciplines martiales, au tir, aux armes blanches, aux premiers secours, à la survie, à l’escalade, au parkour, etc. Bien sûr, on a des préférences et on va passer plus de temps sur certains aspects, et puis on est limité par le temps aussi… mais c’est tellement enrichissant d’aller à la rencontre d’autres activités, d’autres groupes de personnes passionnées.

En quoi l’entrainement et même l’approche de la sécurité personnelle diffèrent de la pratique des arts martiaux et/ou des sports de combat ? Pour toi, peut-on pratiquer la sécurité personnelle sans pratiquer arts martiaux et/ou sports de combat ?

 

Pour moi, idéalement c’est un tout. Quand on commence de 0 sur le sujet « comment je peux me protéger d’une agression », on peut démarrer par de la sécu perso car elle inclut des principes de base efficace (ne pas ressembler à une victime, l’awareness, etc.). Mais ce n’est pas simple à entraîner, c’est tellement proche de la personnalité intime de chacun, de la confiance en soi, de son rapport à la mort, etc. C’est pour ça que c’est un tout et un travail de fond. On peut bien sûr améliorer certaines choses en suivant des stages de sécu perso, mais il faut surtout que ces premières formations soient un déclic pour s’intéresser à la self-défense, aux 1e secours, aux armes, etc. Sinon ça risque de rester superficiel, voire de vite être oublié.
Ca, c’est le modèle idéal. Mais tout le monde ne peut pas devenir passionné comme nous d’arts martiaux et de tous ces sujets connexes. Heureusement d’ailleurs, le monde serait triste si l’on avait tous les mêmes passions. Tout le monde ne peut/veut pas y consacrer le temps que l’on y consacre non plus, c’est compréhensible. Avec Protegor, nous avons voulu essayer de donner un outil d’accélération à la compréhension des principes de base, pour contribuer à l’accélération de la maturation des pédagogies de self-défense. Je suis persuadé que l’on peut progresser en sécurité personnelle et éviter (ou se sortir sans grand dommage) de situations d’agressions sans devoir consacrer un pan de sa vie à la self-défense ! Il faut être ouvert, avoir du bon sens pragmatique, comprendre les principes au moyen de quelques bonnes lectures et de stages, avec des experts différents, et quand même un peu de régularité (plusieurs stages par an).

Quels sont les principaux axes d’entrainement et qualités à travailler pour améliorer sa sécurité personnelle ?

 

« Connais toi toi-même » dirait Socrate 🙂 L’efficacité dans la rue (pas au sens « streetfighter » mais au sens « il m’arrive jamais d’emmerdes ») tient pour moi à deux choses : une compréhension des risques (et de comment fonctionne une agression, ce qui la déclenche), et une connaissance de soi (ce qui comprend à la fois la confiance en soi, connaître ses points forts/faibles, ses réactions en situation de stress). Tu noteras que je ne rajoute pas le 3e pilier du physique (être en forme et connaître quelques techniques efficaces souvent répétées), car ta question est spécifique « sécurité personnelle » et que selon ma définition c’est avant l’agression.
Les axes d’entraînement pour ces deux premiers piliers sont des recherches personnelles et lectures, des conférences et apprentissages de principes… et aussi des stages avec mises en situation et pratique physique. Car même pour les deux premiers piliers qui semblent très « intellectuels », il faut passer par le physique. On est dans une thématique très pragmatique quand même. On commence à mieux se connaître dans ses réactions face au stress quand on arrive à se mettre en stress, à se mettre sous la pression d’une personne qui vous agresse.
A ce sujet, juste une précision, quand je parle de mises en situation pour un débutant, je ne parle pas de scenario training intense. Ce sont deux exercices différents. Une mise en situation, c’est le classique de la self, c’est le premier niveau de re-création d’une situation qui essaie de s’approcher d’une situation réelle, sur l’aspect technique (technique portée par l’agresseur, positionnements, déroulement), et avec une pression / volonté de l’agresseur variable mais toujours en deçà de la réalité (car on est dans le cadre d’un entraînement). Cet exercice permet de tester des choses et de voir comment sa réponse fonctionne face à un faux-agresseur qui, s’il joue bien le jeu, essaiera d’être de moins en moins coopératif (le rôle du partenaire-agresseur est clé dans la progression). Le scenario training quant à lui est beaucoup plus intense, les agresseurs très agressifs et surprotégés car le pratiquant va se déchaîner sur eux. Point de vue stress, ça va beaucoup plus loin, et cela doit être réservé à des pratiquants déjà avancés, car il y a un risque de perte de confiance si ça se passe mal.

Quelles sont tes principales influences sur ces sujets ?

 

J’ai rencontré un nombre incroyable de grands noms de la self-défense, des arts martiaux et des sports de combat… tous m’influencent. Fred Perrin et Philippe Perotti sur la sécu perso & les armes, Michael Illouz, Patrick Lombardo et Daniel Lonero sur la self, Lee Morrison sur la recherche d’entraînements réalistes… et quand j’ai rencontré Rickson Gracie, j’ai senti l’aura que peut dégager un guerrier du MMA. Récemment, j’ai adoré mes discussions avec Tom Duquesnoy (MMA) et Williams Belle (Art du déplacement). Et Protegor m’a donné l’opportunité et la chance de rencontrer aussi beaucoup de policiers, gendarmes, pompiers et militaires, leurs histoires de terrain sont souvent intéressantes et apprenantes.

Penses-tu qu’aujourd’hui il y ait une réelle méthodologie pour l’apprentissage de la sécurité personnelle au même titre par exemple qu’il y a une méthodologie pour apprendre à boxer ? Si non, penses-tu qu’il est possible d’en mettre une en place ou le sujet est trop vaste pour cela ?

 

Non, oui. Non, je ne connais pas de méthodo éprouvée pour enseigner la sécurité personnelle dans son ensemble. Oui, je pense qu’il y a des choses à faire dans ce domaine et nous en sommes au début, et ça s’accélère depuis les attentats et la demande croissante des novices en self à se former à la sécurité. Du coup, ça part un peu dans tous les sens, mais c’est normal… maintenant il faut que les choses se structurent.

De par ton parcours et ton métier, tu as certainement une approche différente de l’enseignement de ces disciplines. Qu’est-ce que tu aimes le plus transmettre comme compétence à ce sujet ?

 

Je ne suis pas enseignant d’arts martiaux ; j’ai donné des cours de Karate pendant quelques années dans mon club de Karate puis dans l’association de mon école, et quelques stages de sécurité personnelle opportunistes, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai pris le temps de développer, faute de temps, même si c’est quelque chose que j’aime faire. J’ai donné pas mal de cours en management en France et aux Etats-Unis. Je parle de formations purement business en costume et sans rapport avec la sécurité :). J’y ai compris qu’il était important d’avoir des cours avec une grande rigueur et logique structurelle, mais aussi des moments de respiration pour que ce soit à la fois fun et facile à retenir. Ce qui marchait le mieux dans ces formations, c’était les exemples concrets d’application des principes enseignés et surtout les anecdotes passées, les retours d’expériences. On retient plus facilement la théorie quand elle a été illustrée par une histoire vécue.

Une nouvelle version de protegor sort en avril, peux-tu nous en dire quelques mots ?

 

Oui, Protegor est né en Mars 2008 et il était temps de le mettre à jour. On ne voulait pas faire de Tome 2, mais on avait d’autres choses à dire. L’éditeur nous a laissé carte blanche sur le format, on a décidé de le grossir un peu (la version actuelle est pas toujours facile à lire), on a nettoyé 5% du contenu et rajouté 25%. Du coup, le bouquin fait 20% de contenu net en plus, ça va faire un beau pavé. Il a aussi été totalement remis en page. Mais la base reste, car on ne voulait pas d’un tome 2 réservé aux avancés. Dans les 25% en plus, nous avons des interviews supplémentaires avec des références de la self (ainsi qu’une ouverture sur les arts « internes » chinois, une piste que je souhaite explorer depuis mes années en Chine mais j’en suis qu’au début), avec de nouveaux sujets comme le BOB (sac d’alerte), le Parkour, les communications en milieu dégradé, les garrots, les objets connectés de sécu personnelle, etc. Les parties informatiques et statistiques de criminalité ont bien entendu été entièrement revues. La partie juridique a été entièrement revue par Thibault de Montbrial, un des grands avocat de référence sur la légitime défense. J’en oublie.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et à bientôt en stage sur Toulouse !

 

Avec plaisir.

Vous pourrez retrouver Guillaume en stage à Toulouse les 8 et 9 avril 2017 (inscriptions ici). La nouvelle version de Protegor sera disponible fin mars! Je ne manquerais pas d’en faire une revue! 

D’ici là, n’hésitez pas à aller visiter le blog  Protegor.net!

Muay thai la boxe thailandaise authentique par Pitsaporn Prayukvong

Le Muay thai, la boxe thailandaise authentique par Pitsaporn Prayukvong chez Budo Edition.

Muay Thai

Aujourd’hui, je vais parler d’un livre sur le muay thai, la boxe thailandaise traditionnelle, qui m’a beaucoup plu. En littérature française, à ma connaissance ça a longtemps été d’ailleurs le seul livre valable sur ce sujet. Pourquoi ? Parce que comme à l’habitude chez Budo editions, l’historique et le contexte du muay thai sont détaillés en plus d’une partie technique. D’ailleurs à l’heure des instructional dvds, les parties techniques des livres sont souvent pour moi, parmi les moins intéressantes. Néanmoins, curieusement, dans le cas de ce livre, ça l’était et j’expliquerai pourquoi.

 

L’histoire du Muay Thai

 

Dans une première partie, relativement importante puisqu’elle fait tout de même 50 pages, les origines de cet art martial sont décrits. D’ailleurs, les sources ont été fournies par des historiens professionnels auxquels l’auteur a fait appel. Parmi les faits historiques intéressants, le muay thai a été lié de près à la royauté au thailande, ce qui en fait un fait assez extraordinaire pour des disciplines de combat en Asie. En effet, cette boxe a pris son essor grâce à la passion d’un des rois les plus connus et respectés en Thailande, Rama V en 1968. Curieusement, on apprend également que les origines du muay thai pourraient aussi remonter au temple de Shaolin.

L’histoire moderne est également retracée et les styles principaux sont cités. On retrouve également les arènes mythiques telles que le Lumpini stadium ou le Ratchadamnoen.

Les trois chapitres suivants rentrent dans le cadre de cette présentation du contexte puisqu’il parle de l’équipement traditionnel et explique la signification des différentes cérémonies et danses qui entourent le muay Thai. La croyance aux esprits est forte dans le sud-est asiatique et la Thailande ne fait pas exception. On retrouve donc des cérémonies et incantations pour les esprits et les boxeurs portent sur eux diverses amulettes pour les protéger et les bénir.

La partie technique : les fondamentaux

 

Dans cette partie un peu fourre-tout mais néanmoins intéressantes, l’auteur décrit l’échauffement en Muay thai, comment faire les bandages, les premiers secours en fonction des différents traumatismes qui peuvent avoir lieu pendant un entraînement. On explique aussi comment fermer le poing, le bander, tenir la garde et les cibles principales à frapper.

Le découpage de cette partie est assez curieux. On peut dire qu’il s’agit globalement de tout ce qui est préparatoire à la pratique. La partie premiers secours est certainement la plus intéressante puisqu’elle est à la fois très pratique et à la fois très safe.

La partie technique

 

Cette partie est donc le cœur du livre. Encore une fois, je n’ai jamais trouvé très intéressant ces parties à l’heure où un dvd montre bien mieux l’exécution dynamique d’un mouvement. Néanmoins, dans ce cadre, elle reste intéressante. En effet, on a quasiment une énumération exhaustive des techniques de la boxe thai.

Cela commence avec les déplacements : pas chassé, pas oblique, changement de garde, bond, déplacement en blocage… Chaque pas est très détaillé et les points clés mis en évidence. C’est donc un excellent aide-mémoire pour la pratique.

Vient ensuite les attaques fondamentales : six coups de poing, neuf coups de coude, huit coups de genou dix coups de pied et cinq coups de pied pénétrant. Là aussi, ils sont bien détaillés et les points clés soulignés.

Cette partie se termine ensuite par les techniques avancées. Pour moi la partie la plus faible du livre. Pas à cause de la qualité intrinsèque de ce qui est montré mais plutôt du rendu photo sur les enchaînements, les feintes et les esquives démontrées dont la subtilité requiert la notion de timing. Cela reste intéressant, mais ne vaut pas un dvd. A quand d’ailleurs des livres accompagnés d’un dvd qui montrerait les techniques en dynamiques ?

Conclusion

 

Premier livre en français de muay thai aussi riche en informations. Le format assez grand du livre fait que les pages sont aérées et agréables à lire et les images sont de très bonne qualité. Le petit plus : l’effort de l’éditeur pour transcrire en thailandais tous les termes de muay thai. Les points positifs : le travail de recherche historique, qui est généralement la marque de Budo Editions et un listing des techniques de base exhaustif. Le point négatif, la limite des photos pour l’aspect purement technique. Néanmoins, cela reste pour moi un must have pour les livres d’arts martiaux en français. Un second livre sur le muay thai existe en français et a été publié plus tard chez le concurrent amphora. Je le reviewerai dans un post à venir.

Vous êtes pratiquant de muay thai ? Vous avez lu le livre ? N’hésitez pas à laisser votre avis dessus !

A bientôt

Taxam