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Revue de Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

Aujourd’hui, je vais donner mon retour sur un manuel pédagogique:

Proposition d’une méthode de formation à la self-défense et à la protection personnelle

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par Eric Henrion

J’ai commandé ce livre un peu par curiosité et parce que la littérature francophone sur la protection personnelle est rare. Je ne connais absolument par Eric Henrion, n’étant pas réellement impliqué dans le milieu de la protection personnelle en France, je ne savais donc absolument pas à quoi m’attendre en lisant ce livre.

Dans ce livre, l’auteur nous propose une méthodologie avec plan de cours intégrée pour enseigner la protection personnelle. Pour être plus précis, ce livre n’est « qu’un plan de cours » pour travailler la protection personnelle. En effet, au travers de 8 thèmes de protection personnelle concernant le pré, pendant et post-agression, l’auteur donne 8 plan de cours pour travailler chacune des huit thématiques.

Chaque plan de cours (comme un plan de cours bien fait quoi) contient des phases d’exercices ainsi que les débriefings avec les participants associés qui sont très bien détaillées et des objectifs recherchés clairement définis. De plus, quelques informations en annexe sont disponibles pour mieux expliquer les concepts travaillés dans chaque cours.

Clairement, la pédagogie ici est très « Do it yourself » orientée. Les participants ne sont pas assommés pendant le cours d’information et sont appelés à trouver eux mêmes des solutions face aux problèmes. Cette approche est séduisante et est connue en pédagogie pour donner d’excellents résultats. C’est donc un ouvrage précieux pour des groupes de travail ou des instructeurs d’arts martiaux ou sports de combats qui souhaiteraient donner une initiation à la protection personnelle.

Néanmoins, puisque c’est clairement un ouvrage pour pédagogue plutôt qu’un ouvrage informatif, mon opinion est que l’utilisation de ce livre sera potentialisée par les connaissances antérieures de l’instructeur. A l’inverse, ce livre montre également à quel point instruire un art martial et un sport de combat est loin d’instruire la protection personnelle…

Et justement, c’est cette pédagogie de la protection personnelle (en tous cas telle que présentée dans ce livre) qu’il est intéressant de discuter. Deux points me paraissent problématique dans ce type de pédagogie, bien que je ne vois pas de solutions simples à mettre en oeuvre. Tout d’abord, le groupe. Pour que ce type d’exercices soit profitable, il est nécessaire d’avoir une certaine capacité à jouer la comédie. Typiquement, un exercice où l’on se fait insulter, la personne qui insulte doit être suffisamment convaincant. Or, à moins d’avoir des acteurs, il est probable que les gens ne deviennent convaincant qu’avec le temps. D’où le premier problème, les gens risquent d’être habitués à cette situation théatrale et à leurs partenaires quand ils auront enfin quelqu’un de convaincant en face d’eux. Du coup, est-ce que le drill est toujours utile? Deuxième problème, même si le drill est bien pratiqué, combien de fois peut-il être utilisé pour que ça reste un drill utile et plus une pièce de théâtre? En effet, l’émotionnel et la gestion de l’émotionnel semblent primordiaux dans ce type d’entrainement. Moins la charge émotionnelle est là, moins la réponse sous stress sera intéressante. Du coup, comment inculquer cette réponse sous stress?

Des questions qu’il serait intéressant de traiter, et des avis de selfeux seraient très certainement intéressant. Néanmoins, ce livre, encore une fois, offre une très belle pédagogie, bien construite et mérite donc d’être lu par les instructeurs ou les pratiquants s’intéressant à la self-défense. D’autant que c’est le seul manuel détaillé en français.

Il reste donc selon moi à sortir un ouvrage entre Protegor et le livre de l’ACDS et ce livre d’Eric Henrion, qui proposerait à la fois une méthode d’enseignement et un contenu théorique suffisament riche et adapté à la méthode pour pouvoir guider les néophytes.

Avez-vous lu ce livre? Que pensez vous de la pédagogie mise en application dans des cours de protection personnelle?

Suis-je trop vieux pour commencer les arts martiaux?

Suis-je trop vieux pour commencer les arts martiaux.

Voilà LA question qui revient trèèèès souvent quand on m’appelle pour venir essayer un cours, ou ,d’après une étude très poussée réalisée par moi-même auprès de mes collègues instructeurs, dans un paquet de clubs ou sur les forums d’arts martiaux …

(la question qui arrive juste derrière c’est « suis-je assez sportif » )

Dans ce billet, je vais essayer de donner des éléments de réponses à cette question.

L’origine du doute

D’après ce que j’ai pu comprendre des discussions, les craintes à l’origine de cette question sont les suivantes:

– crainte de ne pas atteindre un niveau suffisant sur le temps de pratique restant

– crainte d’un différentiel de niveau trop important

– crainte d’un entrainement trop physique

– crainte des blessures

D’après moi, la source du problème se trouve dans l’imaginaire collectif entourant les arts martiaux et sport de combat. En effet, les arts martiaux sont présentés au public via les medias suivant: les films ou démonstrations et leur chorégraphies de l’espace, le sport télévisé et les athlètes de haut niveau (boxe et MMA plus récemment) et le judo qui est ou a été pratiqué par plus d’un tiers de la population pendant l’enfance(pas sûr des stats mais c’est un chiffre impressionnant) laissant penser que dans les arts martiaux on commence naturellement à 4 ans.

Pourquoi ces craintes ne sont pas fondées:

Le risque de blessure lié à l’âge ou la pratique trop physique

Tout d’abord, il faut bien comprendre que n’importe quel art martial qui tient la route présente un cursus. ce cursus, bien que laissé à l’appréciation du professeur est globalement toujours le même:

on reconditionne le corps du pratiquant pour qu’il s’adapte à la pratique, on donne les clés techniques et tactiques de l’école, on applique ces techniques au cours de combats d’entrainement ou d’exercices, on se libère de tout ça pour trouver sa propre forme.

Ces étapes peuvent plus ou moins se superposer, peuvent plus ou moins être importantes et longues mais ça se fait TOUJOURS dans cet ordre pour pouvoir progresser (même dans les arts martiaux dit sans forme comme le systema… oui oui, vous aussi vous suivez rigoureusement ces étapes).

Quand vous arrivez dans un cours, vous allez donc systématiquement être travaillé pour que le corps s’adapte à la pratique. Vous apprendrez à chuter, bouger au sol, gérer votre respiration, encaisser des frappes en fonction du cursus de l’école. Bien sûr, votre potentiel physique va également se développer avec le temps. Tout cela permettra sans aucun soucis de travailler la partie technique et tactique de l’école. Soit dit en pensant, d’expérience, 90% des pratiquants resteront dans cette partie là ad vitam eternam et en sont très satisfaits.

Mais même ensuite, quand viendra l’heure du sparring, à partir du moment ou votre médecin vous a fait un certificat médical, vous n’avez pas plus de chance de vous blesser que n’importe qui d’autre puisque votre corps aura été préparé. Personne ne vous enverra à votre premier cours faire un sparring pleine intensité avec un champion de l’ufc, de boxe ou de lutte… Les partenaires ont normalement l’habitude d’avoir des nouveaux et l’instructeur doit s’assurer qu’ils soient bienveillants et qu’ils vous conseillent, pas qu’ils vous cassent en deux. Ou sinon changez de cours…D’ailleurs, j’ai rarement vu une blessure due à l’âge du corps mais plutôt à l’attitude du pratiquant et de ses partenaires… La peur et la betise sont les raisons principales des blessures dans nos pratiques.

Le seul bémol, évidement certaines pratiques sont plus adaptées à certains âges qu’à d’autres. Par exemple un monsieur de 80 ans je ne lui recommanderais pas des disciplines comme le judo, la lutte, la capoeira ou la boxe (mais son médecin non plus à priori). Par contre, le tai chi, certains arts martiaux japonais, pourquoi pas le kali escrima aucun problème! En gros, quand le corps ne peux plus prendre de choc, il faut éviter les arts martiaux orientés sport… Voilà tout… Pour les autres, pas d’excuses!

Je commence trop tard, je n’atteindrai jamais un bon niveau…

Voilà l’autre grosse crainte des gens… Déjà, quelques exemples. Les pionniers des arts martiaux en France, ils ont pas commencé à 4 ans hein… Jigoro Kano, fondateur du judo, a commencé à 17 ans je pense. Henry Plée, sur sa trentaine, Jean-Luc Jazarin, à la quarantaine… A l’inverse, plein de gamins ont commencé le judo à 4 ans et ont arreté à l’adolescence ou à la ceinture noire pour les plus courageux (la ffjda en a la larme à l’oeil). La vérité, c’est que ce qui importe, c’est le temps de pratique, pas l’âge auquel on commence. la ceinture noire semble être un rêve inaccessible pour beaucoup de pratiquants ou pour les non pratiquants. En pratique, sauf cas exceptionnel (karate kyokushin, jiujitsu brésilien), la ceinture noire indique juste un niveau correct dans l’acquisition des bases de l’école. Or la grande grande majorité des pratiquants n’ira jamais plus loin. Pire, si on ramène au nombre d’heures passées à s’entrainer, on se retrouve à un temps de pratique vraiment ridicule. Prenons le judo ou le karate pour un adulte. En étant pas trop manche, en 3/4 ans d’une pratique régulière, je reviens là dessus, on a une ceinture marron. Toujours avec le même rythme, ça fait un an pour faire 2/3 compèts et préparer quelques katas pour avoir une ceinture noire. Regardez la grande majorité des clubs, ils proposent entre 3 et 4h de cours par semaine (2*1h30/2h). En général, les clubs sont fermés pendant les vacances. Les clubs sont donc ouverts 36 semaines par an. Avec une pratique que beaucoup considèrent comme exceptionnelle pour quelqu’un qui ne rate jamais un cours, on obtient 144 heures. Si on multiplie par 5, ça fait 720 heures, soit 90 jours de travail à raison de 8 heures par jour, ce qui fait un résultat famélique de 3 mois pour obtenir une ceinture noire… Donc non, même si vous commencez à l’âge de la retraite, il y a de forte chance qu’avec un investissement en temps correct, vous atteigniez rapidement un niveau supérieur à la ceinture noire…

En conclusion

Les arts martiaux sont une pratique harmonieuse pour tous les âges. Le niveau que vous atteindrez ne dépendra que de deux facteurs, vos instructeurs et la qualité de votre investissement en temps et sérieux.

La méthode de systema de Konstantin Komarov

Début septembre, j’ai eu l’honneur de recevoir à l’association pour le développement et la diffusion des arts martiaux (ADDAM) le major Konstantin Komarov, ancien membre du GRU mais aussi docteur en psychologie pour un stage de systema à Toulouse.  Nous avions décidé avec nos partenaires du cercle de systema de faire venir Konstantin pour nous suivre sur une longue période afin de nous transmettre sa propre méthode d’enseignement du systema.

Un petit peu par hasard, cela coïncidait avec la parution en anglais de son livre « Systema Manual ». Je vais donc m’atteler aujourd’hui à faire un compte rendu de ce stage que je mettrai en parallèle avec son livre qui sera reviewé plus tard.

La thématique du stage était donc méthodologie du systema. Il s’est découpé en deux parties, la première sur la première journée consistait en la présentation des premiers pas de sa méthode, la seconde sur la deuxième journée, nous a donné les exercices nécessaires et suffisants selon lui pour gérer le gros des combats à mains nues (type combat de coqs notamment).

Mais avant le stage à proprement parler,  il nous a fait un petit cours privé avant le stage de 2h où il nous a repris sur tous les exercices de base à savoir pompes, squats, relevés de bustes et de jambes. Il nous a donné de très nombreuses corrections sur l’exécution de ces exercices pourtant simples de prime abord. En particulier, ses corrections m’ont permis une mise en évidence lumineuse sur la mise en place de chaines musculaires profondes lors de l’exécution de ces mouvements. S’en est suivi ensuite une séance de lutte souple façon systema où Konstantin nous a expliqué ce qu’il faut rechercher sur ces exercices. En effet, contrairement au côté jeu d’opposition associé à la lutte en règle générale, dans notre cas, il s’agit de focaliser l’attention sur notre propre corps pour contourner chaque tension musculaire qu’engendre le partenaire. Ainsi, tomber n’est pas ici synonyme de défaite, mais la descente au sol est simplement une direction de plus où aller pour contourner la pression du partenaire.

Par rapport au contenu de son livre, ces simples exercices couvrent la partie conditionnement du corps au mouvement et la respiration. La lutte debout étant finalement un test pour voir l’évolution de la manière de bouger mais aussi de maintenir une respiration  constante après le conditionnement nécessaire sur lequel je reviendrai.

J’attaque donc le compte rendu du premier jour. La logique de progression de Konstantin au niveau du conditionnement physique est la suivante. On doit repasser TOUTES les étapes d’apprentissage de la marche. En effet, dès le fait de ramper au sol on conditionne un certain nombre d’erreurs ou du moins de mouvements non optimisés. Puis plus on se redresse, plus ces défauts s’accumulent et affectent la structure dans son ensemble, créant au passage des tensions musculaires inutiles. De plus, avec le temps, une peur du sol et donc de la chute se développe et bien sûr, toute peur génère aussi des tensions. En paralèlle , et certainement à cause des conséquences d’une mauvaise posture, la respiration doit également être retravaillée pour être juste, contrôlée et surtout permanente. C’est donc selon ces axes que Konstantin nous a fait travailler. Nous avons donc travaillé la mobilité au sol couplée à l’inspiration et l’expiration. Puis nous avons travaillé avec un partenaire pour chercher à le renverser au sol en utilisant le placement et le déplacement. Enfin nous sommes passés debout pour un travail sur les chutes les yeux fermés. Là aussi, il était important de garder une respiration continue. Nous avons terminé sur de la lutte au sol en utilisant un baton pour deux…

 

Le second jour, Konstantin nous as fait faire un petit écart à sa méthodologie. En effet, il s’est penché sur l’aspect combat pur du systema. La raison invoquée était la suivante: sur l’ensemble des séminaires, nous allons travailler au reconditionnement du corps pour acquérir les bases du systema. Or, une des raisons premières pour laquelle les gens viennent aux arts martiaux est le combat (au sens large). Konstantin nous a donc fait travailler un set d’exercices qui selon lui englobe le gros de ce qui se passe durant un combat et développe les aptitudes pour y faire face. Néanmoins, on s’aperçoit vite que tout ces exercices sont bien plus pertinents lorsqu’on a le corps conditionné correctement.

Le travail a commencé par un exercice pour évaluer les distances correctement. Une fois que la distance était prise, le deuxième exercice permettait de travailler la génération de force via la structure en utilisant les poussées sur quelqu’un arrivant vers soi pour nous saisir. Puis, avant la saisie, bloquer le bras d’une main pour pousser simultanément avec l’autre. Pour accélérer le rythme et augmenter la pression, plusieurs attaquants arrivaient ensuite en courant en ligne et en frappant. La réponse était la même, bouger, et pousser. Ensuite, les différents types de frappes possible avec les bras ont été travaillées puis le travail de frappes avec les jambes. La session s’est terminée en enchainement un coup d’arret avec la jambe en avançant suivie d’un enchainement de frappes.

Travail de frappe par Konstantin lors du stage

Bref ce séminaire, excellent au demeurant, reprenait le tout début de son livre. Il nous donnera ensuite le reste de l’apprentissage lors des prochains stages durant ces trois ans.

 

Interview de Stephane Pourre Expert francais du Kali Inosanto Lacoste

Stephanr Pourre en stage à Toulouse
Stephanr Pourre en stage à Toulouse
Bonjour a tous,
aujourd’hui, j’ai le plaisir de publier l’interview de Stéphane Pourre, une des références françaises du kali, que l’on entend a mon avis beaucoup trop peu par rapport à ce qu’il a à apporter. Voila l’interview:

Bonjour Stephane et merci beaucoup pour cette interview. Tout d’abord, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Permet-moi de commencer par te remercier d’avoir pensé à moi pour cet entretien sur notre passion commune des arts martiaux.
Je me présente donc, je m’appelle Stéphane Pourre, j’ai 39 ans et pratique les arts martiaux depuis l’âge de 16ans.
Instructeur en Filipino Martial Arts, que j’ai débuté en septembre 2002, je suis l’un des représentants français de mon professeur Daniel Lonéro et de son organisation : le « Cross Training Martial Arts » ou XTMA.
Pour ce qui est du système fédéral français, je suis ceinture noire 4ème Dan. J’ai été nommé expert fédéral AMSEA et référent de ligues pour l’Ile de France au sein de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées. Bien sûr ce « titre d’expert »ne fait pas de moi, ni des autres instructeurs nommés à ce titre, un meilleur pratiquant ou instructeur qu’un autre ; mais cela nous permet de développer les AMSEA au sein de la FFKDA, et de faire connaître et reconnaître les AMP par des stages fédéraux ou interventions auprès des disciplines affiliées et désireuses de découvrir les richesses de nos arts du sud-est asiatique. Et plus simplement d’installer durablement dans le panorama des arts martiaux présents en France les AMP.
Pour ce qui est de mon parcours martial, j’ai débuté par le ju jutsu (durant 11ans) et l’Aïkido (durant 5ans) auprès de Sensei Jacques de Peretti sur Paris ; mais également un peu de Yoseikan Budo et diverses boxes poings – pieds.
Je suis formateur en techniques d’interventions professionnelles au sein du service de sûreté de la SNCF ; ce qui me permet d’allier les techniques martiales issues du Kali avec celles dites de « self pro », à mains nues, au tonfa ou au bâton télescopique, en prenant bien sûr les spécificités de mon métier comme le cadre légal, le travail en milieu confiné, en équipe, etc.

Tu pratiques les arts martiaux philippins, qu’est ce qui t’a attiré dans cette discipline et quels sont tes styles favoris?

Je me suis mis aux AMP après avoir vu une démonstration de monsieur Oliver Bersabal lors d’un festival sur Bercy. A cette époque, je pratiquais encore le ju-jutsu. Je voulais trouver une discipline qui enseignait le maniement des armes contondantes et tranchantes. Après avoir assité à quelques cours sur divers clubs,j’ai pu avoir un aperçu de la richesse technique de ces arts, et par la même occasion certains manques dans ma pratique du ju jutsu. En effet les AMP, du moins dans l’école que je pratique, vous enseignent d’abord à maitriser les attaques avant de travailler les défenses. Je m’explique. Comment peut on espérer faire face à une attaque de poing lorsqu’on a jamais boxer un minimum et déjà pris des coups. Comment peut on peut espérer se défaire d’une saisie au corps à corps si on n’a pas de rudiments de lutte. Et comment peut on penser se défense face à une attaque avec arme contondante si on ne connaît pas les possibilités d’utilisation d’un simple bâton. Et je ne vous parle même pas des couteaux ou autres objets tranchants ou piquants.

Puis j’ai découvert les notions de flows et de drills, et donc l’apprentissage par le jeu et dans le mouvement. En kali, on dit que la fin d’un mouvement correspond au début d’un autre. Cette notion de mouvements permanents nous imposent de penser notre pratique plus sous forme de concepts et d’attributs que sous celle de collections de techniques , et ce afin de développer la capacité d’adaptation.

Pour ce qui est de la notion de styles, on peut comprendre la question sous deux angles.

En Kali Inosanto Lacoste, on parle de 12 secteurs ; les armes simples , doubles, moyennes et courtes combinées, doubles couteaux, etc. Donc si la question est sur cet aspect, je dirai que mes secteurs de prédilection seraient le panantukan et le bâton simple ; sans négliger le reste bien sûr.
Si la notion de styles est synonyme d’école, évidemment je répondrai le Kali Inosanto Lacoste, que j’ai choisi de suivre. Premièrement parce que j’ai eu la chance de rencontrer les personnes qui ont su me donner envie de découvrir cette école.Et aussi parce que notre école est un système hybride qui s’est enrichi de l’expérience et de l’ouverture d’esprit de notre principal professeur , guro Inosanto. Légende Vivante des Arts Martiaux en Général, et des Arts du Sud Est Asiatique notamment, il a su développer divers aspects pédagogiques et surtout mettre en lumière ces AMP, jusqu’à alors quasi inconnus des pratiquants d’Arts Martiaux. Je tiens d’ailleurs à rappeler que la plupart des enseignants français de kali ont débuté par le kali Inosanto ; malheureusement lorsque je discute avec eux ou lis leurs interventions lors d’interview, je me rends compte que la plupart d’entre eux n’ont fait que gratter la surface de notre école et pensent que la richesse du kali Inosanto se limite à du « Sumbrada 6 ou 10 », et « puno sumbrada » pour le bâton , du « palasut » pour le couteau, et d’une collection de techniques . Ce serait un art dépourvu de concepts et d’attribus , ce qui est totalement l’inverse.
Ensuite j’ai envie de te dire qu’il n’y a pour moi aucunes disciplines meilleures qu’une autre. Certaines conviendront plus à certaines personnes qu’à d’autres. Certaines se spécialiseront plus dans certains secteurs, d’autres seront plus généralistes ; mais ce qui fera l’efficacité d’une discipline restera toujours le pratiquant, parfois l’instructeur.
Donc par rapport à mes sensibilités, en dehors du Kali Inosanto Lacoste, j’aime beaucoup le Lameco Eskrima de feu Punong guro Edgard Sulite qui met l’accent sur l’application en combat, et qui fait partie des influences présentes dans notre école.
Je citerai également le kali Sikaran de Jeff Espinouss, très technique et varié, avec de très bons exercices de manipulations de la structure sur le partenaire.
Le Doce Pares de Franz Stroeven, avec un style assez agressif et riche. Le FCS Kali de Ray Dionaldo, qui met l’accent sur le flow et le travail de la lame. Le Pekiti Tirsia de G.M Leo Gaje , style resté très martial et encore utilisé par l’armée Philippine. Et bien d’autres styles, car tous les AMP sont riches et d’un intérêt pour tout pratiquant, je citerai également le Balintawak et le Modern Arnis qui sont présents en France.

Quels sont tes pratiquants et instructeurs réfèrences dans ces disciplines?

J’ai plusieurs personnes qui m’ont influencé ou m’influencent encore dans ma pratique et mon enseignement.
J’en profite au passage pour remercier mes deux premiers professeurs de Kali, Jean-Yves Pernod et Christophe Soulié qui m’ont fait découvrir et aimer les AMP, et Christophe pour tout ce qu’il fait depuis quelques années pour la promotion des AMP, sans mettre en avant plus un style qu’un autre, notamment lorsqu’il était encore responsable des AMSEA au sein de la FFKDA.
Mon troisième professeur de Kali, monsieur Richard Mugica, est l’un des instructeurs qui a marqué, et marque encore aujourd’hui de son empreinte ma pratique et ma vision des AMP. Il m’a enseigné les notions de concepts et d’attributs, le travail d’adaptation, l’aspect combat et bien d’autres choses.
Mon autre réfèrence est bien sûr guro Daniel Lonéro. J’ai eu la chance de commencer à suivre son enseignement, alors qu’il vivait encore en Europe, et que je venais de débuter le Kali depuis deux ou trois mois seulement. Mon professeur Christophe Soulié le faisait venir plusieurs fois par an au sein de notre association. J’ai pu ainsi découvrir la richesse technique de ces AMP, enseignés par un « extra-terrestre » et un surdoué des Arts Martiaux et sports de combats qui devint par la suite « full intructor » dans diverses disciplines comme les Filipino Martial Arts, le Jeet Kune Do, le Maphilindo Silat, le Shootwrestling, le CSW, le Muay Thai et d’autres. Doté d’une humilité devenue trop rare dans ce milieu, ancien compétiteur et un super professeur très pédagogue.

Vient ensuite une légende vivante, sous le nom de guro/sifu Daniel Inosanto, le professeur de guro Lonéro. Pour beaucoup il est d’abord l’élève de Bruce Lee. Pour moi, il est avant tout un grand Monsieur des Arts Martiaux, que j’ai eu la chance de rencontrer lors d’une de ses venues en Allemagne. Mon professeur, Daniel Lonéro, vivant au quotidien aux côtés de guro/sifu Inosanto, j’ai pu en apprendre un peu plus que ce que l’on peut lire dans les magazines, tant sur l’Homme que sur l’Artiste Martial. Et j’en profite pour rappeler que si le Kali est présent sur notre sol, on le doit en partie à guro/sifu Inosanto. Il a d’abord fait connaître les AMP aux personnes qui venaient participer aux stages de Jeet Kune Do en incorporant peu à peu les AMP à ces évènements et donc les faire découvrir au grand public. Il a également permi à pas mal d’instructeurs d’AMP de se faire connaître, en les accueillant au sein de son académie, en les présentant lors de grands stages, les faisant intervenir et vantant leurs aptitudes. Ce que beaucoups ignorent. J’en profite pour citer quelques noms qui ont influencé la pratique et l’enseignement de Guro Inosanto : John Lacoste, Angel Cabales, Regino Ilustrisimo, Leon Giron, Ben Largusa, Lucky Lucay Lucay, Floro Villabrille et Edgard Sulite pour les plus connus.
Au niveau international, je citerai également Ron Balicki, Rick Faye qui restent très influents sur mon parcours martial. Mais aussi Bob Breen, Jeff Espinouss, Peter Weckauef, Franz Stroeven, Rick Young, Flavio Ruiz Van Hoof, et bien d’autres.
Au niveau français, pas mal d’instructeurs commencent à émerger et le niveau monte de plus en plus. Pour ne vexer personne je ne ferai pas de liste. Je me permets juste de citer messieurs Jean-Pierre Défosse et David Delannoy qui sont mes ainés. Et je rajouterai tout de même un nom, celui de Laurent « Hit » du Modern Arnis qui, pour moi « a le meilleur bâton » en France, et un super mec sur le plan humain.

Les AMP enseignent aussi bien la boxe, la lutte et l’utilisation des armes. Dans ton enseignement donnes tu une priorité à l’un ou l’autre? Par quoi commences tu et pourquoi?

Un des atouts des AMP, c’est la diversité des styles ou écoles, et leurs richesses techniques ; donc j’ai envie de dire que chacun peut y trouver son compte.
Lorsque l’on dit pratiquer les AMP, on est sensé abordé au moins au minimum les trois secteurs de travail présents dans ta question. Sinon c’est un peu comme si je prétends partiquer les Arts Martiaux Japonais en pratiquant uniquement le Judo par exemple; il me manquerait l’aspect armes des kobudo et autres écoles, ou les percussions des divers styles de Karaté.
Nous avons la chance d’étudier ces divers secteurs au sein du Kali Inosanto et du XTMA ; comme c’est aussi le cas de diverses écoles d’ AMP comme le Kali Sikaran par exemple.
Pour revenir à ta question, il est de coutume de dire que les AMP commencent toujours l’enseignement des armes en premier pour finir par la main nue. Généralement par l' »espada y daga » afin de travailler une arme courte (le couteau) qui vous oblige à travailler les distances courtes et moyennes ; et une arme moyenne (bâton ou épée) qui vous amène sur les distances moyennes et longues. Ce secteur de travail permet alors de développer plusieurs distances à la fois et développer une des notions les plus importantes du kali : le Zoning.
Pour ce qui est de mon enseignement, je commence toujours par le travail à mains nues pour glisser vers les armes. Et ce pour une raison toute simple. Les pratiquants d’autres disciplines pensent souvent (à tord) que les AMP se limitent à « faire la majorette avec des bâtons » et ne sont pas en phase avec notre société actuelle.
Je commence donc l’apprentissage des AMP par celui du Panantukan et du Maphilindo Silat, afin de démontrer cet aspect méconnu des pratiquants d’autres disciplines, et surtout leur efficacité sur toutes les distances et avec tous types d’armes.D’abord l’aspect « boxing » afin de pouvoir développer certains attributs comme la forme de corps , la fluidité dans le geste et le déplacement, la lecture du partenaire etc. Puis viennent ensuite l’aspect manipulations de la structure et la lutte. Tout cela dans le but d’apprendre à travailler toujours en mouvement et avec l’optique du combat.
Je pars du principe que si vous avez un bon panantukan et un bon silat, vous aurez un « bon couteau » et dans la continuité, un « bon bâton ». Mais vous développerez également des capacités d’adaptation avec tous types d’objets.
De plus ça permet de toucher un public qui peut avoir des préjugés sur les AMP en général, et sur le travail avec armes en particuliers, et qui bien souvent apprend à aimer cet aspect qu’il aurait fui auparavant. J’ai quelques élèves qui sont venus s’inscrire à l’origine pour le filipino boxing et le silat, et qui sont demandeurs aujourd’hui du travail avec armes (bâton simple, double, couteau, sarong, etc.).

Je vais me permettre de te parler rapidement de guro Inosanto. Lorsqu’il a commencé à enseigner le Jeet Kune Do lors de stages au niveau international, les stagiaires venaient pour découvrir la discilpline de Bruce Lee. Guro Inosanto a eu l’idée de mettre un pourcentage infime au début, de Kali sur ces stages. Et petit à petit les gens se sont mis à pratiquer le Kali et aimer le travail des armes.

La pédagogie des AMP fait la part belle aux drills et répétitions techniques. Certains instructeurs comme Burton Richardson recommandent d’intégrer le sparring à l’enseignement. Intrégres tu le sparring à tes cours et si oui , sous quelle forme?

L’une des caractéristiques des AMP, c’est le travail des drills et des flows. Ceux-ci sont très utiles pour développer certains attributs comme la fluidité, la forme de corps, la précision, l’action dans le mouvement, la vitesse de réaction et d’exécution et pleins d’autres encore selon les exercices.
Mais le danger de ne travailler que des flows codifiés, c’est que vous allez sous développer l’un des attributs les plus importants, celui de la capacité d’adaptation. Donc l’idéal est de travailler ces exercices codifiés pour développer certains attributs, et de « décodifier » rapidement ces flows pour tendre vers le libre et glisser progressivement vers le combat. Beaucoup sont contre les flows codifiés. Mais un boxeur passe d’abord par le shadow et les gammes sur pattes d’ours avant de se lancer dans les assauts. Pourquoi en serait il autrement en kali avec les armes?
Pour ce qui est de notre école, le déroulé pédagogique d’apprentissage se décline selon sept méthodes d’entraînement :
l’abecedario / le sumbrada / mixage d’abecedario et sumbrada / carenza (shadow) / cibles et environnements variés / visualisation et méditation / combats ( à thèmes, light ou plein contact, avec diverses armes, etc.)

Sans rentrer dans l’explication de chacune de ces méthodes, toute pratique se doit d’être perçue dans l’optique du combat, qu’il soit sportif ou plus réaliste, à thèmes ou libre ; sinon le mot martial perd tout son sens. Notre but est d’être capable d’insérer certains éléments techniques dans des assauts souples pour tendre vers le combat.

Pour ce qui est du Panantukan (filipino boxing), je commence par des assauts ou seul l’un des deux partenaires attaque. Le défenseur s’efforce de placer soient des parades, gunting, soient des manipulations de la structure pour passer sur les côtés ou dans le dos, trouver le bon « zoning », le bon timing, la bonne lecture du corps, et donc géner un maximum l’assaillant. Bien sûr, dans un premier temps l’attaquant ne va pas asphyxier son partenaire. Le but étant de développer un assaut avec les spécificités du Panantukan, la vitesse des coups, les déplacements et les contres de l’assaillant sont adaptés au niveau du défenseur, et les difficultés augmentées au fil de la progression technique du partenaire.

Si les deux partent directement en assauts libres, on risque d’assister à un assaut de kick boxing ou autre boxe sportive dépourvue de tout attribut des AMP.
Idem pour les assauts aux bâtons qui doivent passer par diverses étapes pédagogiques ; sinon ce n’est plus du Kali mais une pale copie de la Canne française. Ce qui est tout aussi efficace mais sans réel rapport technique avec les AMP.

Quelles différences vois tu entre les styles philippins traditionnels et ceux développés par les immigrants philippins en Californie? Le Kali Inosanto est un peu un mélange des deux, non?

Avant de répondre à ta question, permets moi d’aborder celle-ci sous un angle plus général. Il est assez habituel de nos jours d’entendre dire que les nouveaux arts martiaux (et je ne parle pas des Budo), sports de combat et disciplines dites de « self-défense » surpassent les arts martiaux dits traditionnels.
Je ne veux pas ouvrir de débat sur ce sujet. Je pense juste que c’est simplement le reflet de notre société de consommation où tout doit être « consommable » rapidement et édulcoré pour notre monde occidental dit « civilisé », où les arts martiaux n’ont plus de martial que le nom, et doivent être des références de la maîtrise de soi et de la non violence.
Bref, tout l’inverse du guerrier qui devait sauver sa vie sur les champs de bataille. Et au passage, tous les arts martiaux ne suivent pas forcément le code du Bushido ; tout est question de lieux, de culture et d’histoire.
Je fais ce parallèle car j’entends souvent certains pratiquants ou instructeurs de « styles purement philippins » (selon leurs pensées) raconter que les AMP dit traditionnels surpasseraient ceux dit « américains », plus jeunes de création.
Donc, si diffèrence il existe, elle serait pour les AMP inversée par rapport aux Arts Martiaux en général (le plus ancien serait mieux que le plus récent).

Autant te dire qu’entendre ce genre de bêtises m’hérisse le poil.

Pour ce qui est de notre école, guro Inosanto a été formé ou influencé par 24 instructeurs dont la majorité étaient des « pensionados », des immigrants philippins passés par Hawai et la Californie principalement. Parmi eux des eskrimadors illustres comme Floro Villabrille, connu pour avoir participé à des combats au bâton, parfois à mort. Mais aussi John Lacoste qui était expert dans divers styles d’AMP, tant de styles présents dans les visayas (centre), que des systèmes de combats des Moros de Mindanao (sud). Pour ne citer qu’eux deux.
Ce que je veux dire, c’est que les bases de notre école ont été forgées par des instructeurs qui ont testé leur Kali (ou Arnis ou Eskrima) lors de duels à mort, de combats libres non sportifs ou plus simplement durant la seconde guerre mondiale. Dons si le traditionnel existe dans les AMP, l’Inosanto en fait partie.
Ensuite, il faut rappeler que les AMP ont vécu un peu la même histoire que les Arts Martiaux Brésilens dès la domination espagnole vers la fin du 15ème siècle. Ils ont survécu dans l’ombre et se limitaient à quelques castes ou villages. De plus, ils ont subi énormément d’influences au cours des diverses invasions ou dominations (espagnoles, américaines et autres.), dues à la route maritime et ses échanges (Arabo-musulmanes surtout sur la partie méridionale et chinoises au Nord).
Bref, pour moi on ne peut parler d’AMP traditionnels, comme on en parle pour les Arts Martiaux Japonais ou Chinois, de par leurs influences diverses au fil des siècles, des adaptations aux nouveaux envahisseurs et leurs types armes, leurs formations militaires, la morphologie des assaillants.
Les AMP sont donc, selon moi, des Arts Martiaux qui ont su, au fil du temps, devenir des Arts d’adaptation plutôt que des Arts figés dans des traditions. Les écoles d’AMP qui ont vu le jour au cours du 20ème siècle comme le Lameco, l’Inayan, ou l’Inosanto Lacoste ne sont que la continuité de l’enrichissement de ces arts d’adaptation.

De plus, même si guro Inosanto ou feu Mike Inay (Inayan escrima) , pour ne citer qu’eux sont américains (d’origine philippine), ça ne fait pas d’eux de moins bons kalistas que des philippins nés et vivant aux Philippines. Ca reviendrait à dire que tous les bons judokas ne peuvent être que japonais. Allez dire ça aux Teddy Riner, Anton Geesink ou Angelo Parisi. Ou encore que le ju jutsu ne peut être perçu que par les japonais ; là encore je vous laisse dire cela à la famille Gracie et aux brésiliens le pratiquant.

Tu bouges beaucoup pour donner des stages, comment vois tu l’évolution du Kali en France?

Disons que le Kali se développe pas mal depuis quelques temps sur le territoire français. Le niveau technique suit son cours de progression et pas mal de clubs ont vu le jour.
Quelques instructeurs d’autres disciplines, comme le Karaté, le Krav Maga, le silat, ou encore de self-défense, font parfois appel à mes camarades Kalistas et moi-même pour intervenir lors de stages ou échanges pour découvrir la richesse des AMP.
De plus la FFKDA, au sein de laquelle évoluent les AMP, permet de mettre en lumière nos disciplines par l’accès à certains diplômes fédéraux (DAF/DIF), professionnels(CQP,etc.), des grades officiels (qui en passant existent déjà dans certaines écoles d’Arnis, Kali, Eskrima ; je parle des systèmes de ceintures bien-sûr), des compétitions, des stages à moindre coût (3 experts philippins cette année), et l’accès au festival de Paris Bercy cette année.
J’en profite pour remercier M.Tramontini, DTN adjoint au sein de la FFKDA, qui a su déceler le potentiel de nos disciplines et a oeuvré avec Christophe Soulié au développement des AMSEA au sein de la fédération de Karaté.
Pour conclure, je dirai que ce qui fait la force des AMP est aussi sa principale faiblesse: la diversité de ses styles! Force, car chacun peut y trouver ce qu’il recherche ; et sa faiblesse car les non initiés s’y perdent un peu dans la multitude de styles ou d’écoles.
Les AMP ne feront, je pense, que grandir et se développer dans le panorama des Arts Martiaux en France car chacun peut y trouver son compte tant sur les plans de l’efficacité que de la diversité technique, que de l’aspect ludique d’apprentissage, de l’aspect combat, que de certains aspects qui leurs sont assez spécifiques et pas communs à d’autres arts martiaux. Le tout est de trouver le style, l’instructeur et l’ambiance du club qui vous correspondra.

Quels sont tes futurs projets pour le développement du Kali et où te trouver pour assister à tes cours?

Mes priorités, actuellement, sont de développer notre nouvelle section de Montgeron (91) qui s’est ouverte la saison dernière et rattachée aux autres sections AFAMSEA de Paris et St Maur. Constituer un bon petit groupe, tant sur le plan humain que technique, afin d’envisager quelques démonstrations sur divers évènements et promouvoir les AMP. Mais aussi et surtout former des Kalistas qui souhaitent à l’avenir enseigner le Kali, car le but premier étant de promouvoir, il faut former de futurs instructeurs qui en formeront d’autres à leur tour. Bien sûr ça prend du temps car on ne devient pas instructeur du jour au lendemain!
Sinon je continue de bouger partout où l’on me demande de venir partager ma passion des AMP, comme chez toi au sein de l’ A.D.D.A.M sur Auzeville-Tolosan. Je commence également à proposer de nous rejoindre lors de journée de training sur Montgeron, qui se déroulent tous les deux mois en moyenne et gratuitement pour les licenciés FFKDA, pour permettre à qui veut de découvrir les AMP et partager ensemble nos passions communes des Arts Martiaux.

Pour venir nous voir, les copains de l’AFAMSEA Montgeron et moi-même, vous nous trouverez à l’adresse suivante : Gymnase du COSEC

avenue Charles de Gaulle

91230 Montgeron.

tous les mercredi soir et samedi matin.

ou me contacter au 0662663768 ou :

fanpourre@yahoo.fr

ou sur notre page facebook : kaliMontgeron

Merci pour l’interview!

Merci à toi Yvan!

Stéphane en action:

http://www.youtube.com/watch?v=_UquRPRzPSo&feature=share