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La règle des 70/30

La règle des 70/30

 

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La méthodologie et la pédagogie sont deux préoccupations centrales dans ma pratique des arts martiaux.

 

Pourquoi? Parce qu’on pratique des disciplines qui sont à quelques exceptions près soit anciennes et par conséquent structurées d’une manière qui n’est pas nécessairement adaptée à notre manière actuelle de travailler et de voir les choses, soit crées récemment par des gens très doués et dont le travail de digestion pour la diffusion à d’autres n’a pas encore eu le temps d’être optimisé.

Par conséquent, dans la pratique, on se heurte parfois à des blocages de la progression. Dans ces cas, une analyse de la méthode est parfois nécessaire pour lever ce blocage qui parfois peut ne pas être d’ordre physique ou technique. En effet, il peut s’agir d’une marche trop haute à passer et il faut trouver la solution pour générer des intermédiaires pour faciliter ce passage.

 

La difficulté du travail collaboratif

 

Un des points problématiques dans la pratique est évidemment le travail collaboratif. Lorsque le travail est collaboratif, le but est de travailler des mouvements, des techniques ou des principes sur un partenaires dont le rôle est défini. Par exemple, venir saisir, attaquer sur un direct au visage… Quand l’objectif de l’exercice est atteint, on est supposé pouvoir l’appliquer en situation de sparring libre. Là se trouve la fameuse marche. L’application collaborative est souvent très éloignée du travail libre.

 

La règle des 70/30

Pour résoudre ce problème, une règle intéressante que j’ai découvert par Vladimir Vasiliev est la règle des 70/30. Cette règle préconise de faire en sorte que celui qui travaille soit toujours à un taux de réussite à 70 %.  Cette règle simple est pourtant très intéressante puisqu’elle permet facilement à celui qui fait travailler d’avoir une échelle pour évaluer la difficulté à imposer au partenaire. En effet, il peut être difficile de savoir si en tant qu’attaquant je force trop, pas assez, je travaille trop vite ou pas assez. Si je dois me réadapter à ce que fait mon partenaire parce qu’il est assez à l’aise pour réagir ou si au contraire, je m’arrête après l’attaque pour laisser le temps d’explorer. Par conséquent, l’attaque avec le niveau de difficulté adapté permet de faire la différence entre du temps perdu et une dynamique de progression puisque le partenaire travaillera dans des conditions optimales pour progresser.

Si je suis cette règle par contre, je peux faire varier ces paramètres les uns après les autres en fonction des progrès du partenaire ce qu l’oblige à toujours travailler sur un niveau de difficulté qui lui sera profitable pour qu’il progresse. L’avantage de cette règle est qu’elle est simple à comprendre. Ainsi, même deux débutants travaillant ensemble peuvent facilement établir le bon niveau de difficulté entre eux.

Pourquoi cette règle?

Parce qu’on considère que si on est à 100% de réussite, c’est que le mouvement est intégré dans ces conditions là. Poursuivre ne provoquera au mieux que de l’ennuie. Au pire une confiance mal placée en ses capacités qui peut se révéler gênante après en sparring qui pourra provoquer une perte de confiance dans ce mouvement là et donc un oubli sélectif. A l’inverse, un taux de réussite trop faible ne crée que de la frustration et là encore, on risque un oubli de ce type de mouvement à terme parce que « ça ne marche pas (pour moi) ».

 

En conclusion

Testez cette règle et voyez si vous voyez des progrès.

Dernier petit tip, toujours terminer un exo par une réussite. Cette petite astuce favorisera à la fois l’intégration (on retient mieux les succès) et la confiance en soi. D’ailleurs, cette astuce je l’ai entendue venant d’un membre fondateur des Yamakasis qui suggérait pour la confiance en un saut, de toujours terminé sur une réussite et de na pas pousser jusqu’à finir sur un échec. J’ai trouvé ça extrêmement pertinent.

C’est tout pour aujourd’hui!

Et vous quelles sont vos petites astuces pédagogiques?

 

A bientôt

 

Taxam