Créer un groupe de travail

Bonjour à tous, dans cet article nous allons parler du groupe de travail.

Qu’est-ce qu’un groupe de travail? Des pratiquants qui se regroupent pour pratiquer et étudier ensemble, sans structure hiérarchique officielle. Techniquement, toutes les disciplines que l’on peut avoir aujourd’hui ont commencé avec un groupe de travail. C’est donc logique que de telles structures apparaissent. Du judo à l’époque des pionniers, au Karate avec Henry Plée, à l’Aunkai ou au Systema aujourd’hui, la diffusion se fait à partir de groupes de travail.

Pourquoi pratiquer dans ce cadre? Quand et comment le faire? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

 

Il n’est pas toujours facile de trouver un club qui nous correspond. Soit simplement parce que le style n’est pas celui qui nous intéresse, soit parce que l’ambiance  ou le prof ne nous convient pas. Parfois également, on se trouve vraiment loin du club idéal et avoir une pratique régulière devient alors compliquée. Dans ces cas, il peut être intéressant de créer un groupe de travail.

Que fait-on dans un groupe de travail? On explore la direction pédagogique qui nous intéresse réellement. On regroupe quelques personnes et on s’entraîne. Peut-être que plus tard ça deviendra un club mais pour l’instant, l’important est de monter en compétence. Le groupe de travail peut donc être un superbe outil. Malheureusement, ça peut également être un énorme écueil si on en vient à s’isoler.

J’ai moi-même créer plusieurs groupes de travail. En jjb, en kali et en systema. Tous sont ensuite devenus des clubs. Je vais donc vous parlez de la manière dont cela s’est construit dans mon cas mais également vous parlez de ce que j’ai pu voir ailleurs.

 

Créer son groupe de travail

 

Avant de créer son groupe de travail, il faut être sûr de le faire pour une bonne raison. Est-ce que le style que je cherche est absent? Est-ce que personne autour n’est plus compétent? Ai-je identifié des gens avec qui je veux me former? Si la réponse à ces questions est oui, alors monter un groupe devient utile.

Dans mon cas, Le premier groupe que j’ai formé j’avais 18 ans. Mon prof de jjb était parti, je n’avais identifié personne à proximité. Avec les cours qu’il avait fait, j’ai ouvert un petit groupe pour continuer à s’entraîner. Plus tard, j’ai découvert le groupe Aranha qui commençait à l’époque également depuis peu. Néanmoins, leur prof était beaucoup plus expérimenté que moi. Malheureusement, il était à quasiment 40 min de chez moi, non tenable sur le long terme. J’ai donc maintenu un groupe de travail en le faisant venir en stage pour cadrer tout ça. Aujourd’hui, je ne pratique plus le JJB mais mon groupe est devenu un club qui a été repris par un ancien élève et un prof d’aranha.

Dans ce cas,je savais ce que je voulais pratiquer. Le jjb. A cette époque, les profs de judo disaient faire pareil mais ça ne l’ai clairement pas donc retourner faire du Judo ne m’intéressait pas. J’aurais pu aller à Aranha mais la distance faisait que je n’aurais pas tenu l’entrainement sur la durée. Le groupe de travail était donc la solution sachant qu’un référent était facilement accessible.

Comment s’entourer de partenaires dans le cadre du groupe de travail? En étant totalement transparent et en ne promettant pas plus que ce que l’on peut offrir. De même, j’ai toujours encouragé mes partenaires à aller directement s’entraîner chez le club référent, puisque tout le monde serait gagnant.

Là se trouve la première dérive potentielle. Se prendre pour ce qu’on n’est pas. Gérer un groupe de travail ne veut pas dire qu’on a la compétence d’être instructeur. A partir du moment où on isole les gens en ne leur parlant pas des instructeurs compétents disponibles, on devient une fraude… Autant ça peut tenir à court terme, autant à long terme ce n’est pas viable. en effet, le niveau restera bas dans le groupe et ça finira par se voir. J’ai pu observer ça plusieurs et j’observe également plusieurs groupes actuellement qui sont sur le point de disparaître après avoir appliqué cette stratégie.

 

Trouver une salle pour pratiquer

 

La salle n’est pas indispensable. Toutefois, l’expérience montre que pour un groupe de travail, passer l’hiver sans salle conduit inexorablement à la démotivation… De plus, une salle avec des créneaux fixes est structurante. L’exemple le plus flagrant que j’ai actuellement est un pratiquant qui me suit qui cherche à monter un groupe avec quelques personnes qui pourraient très bien pratiquer ensemble chez les uns et les autres. Pourtant, cette absence de formalisme fait qu’il leur est très difficile de s’accorder sur un moment. Vous me direz, il y a un problème de motivation. oui mais c’est toujours comme ça, la motivation se maintient mieux dans un cadre structuré.

 

Pas besoin d’un lieu aussi classe hein…

En tant que groupe de travail comment trouver une salle? Le plus simple: en se raccrochant à un club existant. Simple mais pas facile puisque l’ouverture d’esprit générale fait que les gens n’aiment pas voir un potentiel concurrent débarquer. Autre solution, louer une salle. Peut-être plus cher mais pour le coup facile et permet également d’avoir un engagement symbolique des membres du groupe.

Pensez ensuite à vous assurer soit en créant une association, soit en négociant avec le gérant de la salle, il existe plein de possibilités.

 

Trouver le référent pour le groupe de travail

 

Un bon groupe de travail ne peut pas évoluer sans un référent. Le référent n’est pas spécialement là pour donner des grades. Le référent est là pour veiller à ce que la pratique ressemble réellement à ce qu’elle doit être. Je garde toujours en tête cette anecdote de Roland Hazenberg qui s’entrainait seul au karate à partir de bouquin et qui avait demandé à Henry Plée s’il pouvait venir lui montrer son travail. Après l’exécution technique, Plée lui dit, l’engagment est très bien mais par contre ce n’est pas du tout du karate…

Le référent aura donc ce rôle de maintenir la pratique dans de bons rails. Lorsque j’ai commencé mon groupe de Systema, mon référent était Sinicha Jeftic. Il venait deux à trois fois par an pour nos faire bosser correctement. J’ai ensuite gardé cette manière de faire et je m’oblige à faire venir deux à trois fois par an des experts pour guider la pratique.

Que doit apporter un référent? Avant tout une méthodologie de travail. Aujourd’hui, trouver des techniques c’est simple comme bonjour. Aller voir sur youtube. C’est ce qu’avait dit Yan Cabral, le directeur technique d’Aranha, lors du stage de JJB où il m’a remis ma ceinture bleue, l’important c’est la spécificité individuelle. Par contre, trouver les méthodes pour développer les qualités nécessaires pour effectuer la technique, là c’est difficile. Le bon référent devra donc amener avec lui surtout de la logique de progression et des éducatifs. Ainsi, le groupe pourra travailler seul. C’est ce que révélait Kiaz dans son interview sur la méthode Akuzawa pour enseigner l’Aunkai. C’était aussi ma logique en faisant venir Konstantin Komarov pour une vraie méthodologie pour le systema.

Ne jamais se reposer sur ses lauriers

 

Il est facile de se reposer rapidement sur ses acquis quand le référent est loin. Pour éviter cela, deux possibilités, se déplacer en stage pour se confronter. Une très bonne façon de faire, malheureusement assez coûteuse. Une autre manière de faire est de ne pas avoir réellement de leader dans le groupe. Chacun à tour de rôle préparera  un cours et dirigera l’entraînement. Ceci permet d’avoir une forme d’émulation dans le groupe.

Allez chercher de l’information pour continuer à comprendre ce que vous faîtes, parler aux pratiquants avancés, contactez les. Ils seront contents de vous aider. Organisez des interclubs, c’est un excellent moyen de rencontrer d’autres pratiquants. Sachez reconnaître quand quelqu’un est plus avancé que vous. Faîtes le venir, ou essayer d’en apprendre le plus possible pour ramener de la connaissance dans votre club. N’oubliez pas, votre capacité à grandir et à attirer du monde dépendra de la qualité de ce que vous proposez. Le simple fait d’être là ne suffira pas à long terme.

La question de l’argent

 

Faut-il faire payer les membres d’un groupe de travail. S’il y a des frais oui. Pour créer un engagement oui, le sens de l’engagement moral n’étant plus très répandu aujourd’hui. Pour pouvoir inviter des référents oui. Un groupe de travail ne doit pas vous coûter de l’argent dans l’idéal. Néanmoins, en ce qui me concerne, se faire payer à ce stade là n’est pas honnête. En effet, vous n’êtes pas formé, ni compétent. Vous n’offrez donc pas réellement une compétence à vos adhérents qui sont là surtout pour vous entraîner et non pas pour suivre des cours. Lorsque vous serez formé, que vous aurez un groupe solide et compétent, là la question pourra se reposer.

Malheureusement, la plupart du temps, la motivation pour monter un groupe de travail est avant tout de gagner de l’argent. Quand je vois la concentration de certains clubs et groupes dans une même discipline et dans une même ville, je me dis que ce n’est pas pour une question de difficulté à accéder à l’information qui poussent les gens à monter un club. Toutefois, comme je l’ai dit, à moyen terme, ceux qui pensent comme cela finissent par disparaître…

 

Conclusion

Monter un groupe de travail peut être une bonne idée et une expérience très enrichissante. Être soi-même responsable de ses progrès est également autonomisant, une qualité indispensable dans la pratique martiale. Néanmoins, attention à l’isolement. Trouver un référent sera clé dans votre progression. Il pourra faire la différence entre un groupe qui périclite et un qui grandit. Sa capacité à apporter de la méthode est la première qualité à rechercher. En effet, isolé, seule la méthode vous permettra de garder le cap. En ce qui me concerne, je suis plusieurs groupes en systema aujourd’hui et je m’efforce de leur donner la méthodologie la plus claire possible pour qu’ils puissent progresser correctement. Il y a de nombreux moyens de suivi différent, de l’atelier au conférence skype. Néanmoins, ce suivi est indispensable.

 

Et vous, avez-vous créer un groupe de travail? Pourquoi? Dans quelle discipline? Dîtes-le moi en commentaires et partagez cet article s’il vous a plu!

Bonne chance pour votre groupe!

 

A bientôt

 

Yvan

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